Toutes les heures de travail effectuées à la demande de l'employeur au-delà de la durée légale de travail (35 heures par semaine ou 1 607 heures par an), quelle que soit la durée conventionnelle du travail, sont considérées comme des heures supplémentaires ouvrant droit à majoration de salaire.
Les dispositions légales sur les heures supplémentaires s'appliquent à toutes les professions et à toutes les entreprises assujetties à la réglementation de la durée du travail.
L es heures supplémentaires se décomptent en principe dans le cadre de la semaine civile, au-delà de 35 heures de travail effectif, ou, le cas échéant, au-delà de 35 heures assimilées à du travail effectif.
Toutes les heures supplémentaires effectuées par les salariés sont imputées sur un contingent annuel et individuel. Le volume d'heures du contingent est limité conventionnellement ou par le code du travail. Au-delà des limites fixées par le contingent, l'autorisation de l'inspecteur du travail est en principe requise.
En matière d'heures supplémentaires, la preuve des heures de travail effectuées n'incombe à aucune des parties. Pour prendre sa décision, le juge doit tenir compte des éléments fournis à la fois par l'employeur et par le salarié.
Les heures supplémentaires sont majorées selon un taux légal ou conventionnel, qui varie en fonction du nombre d'heures accomplies. Ce taux peut être limité conventionnellement à 10 %, le taux légal étant de 25 % pour les 8 premières heures et de 50 % au-delà.
Il existe deux catégories de repos compensateur. Le repos compensateur légal et le repos compensateur de remplacement. Le premier est calculé en pourcentage des heures supplémentaires effectuées par un salarié ; le second se substitue en tout ou en partie au paiement des heures supplémentaires.
Une convention de forfait, signée avec un salarié cadre ou non cadre, prévoit une rémunération mensuelle forfaitaire incluant le salaire habituel et un certain nombre d'heures supplémentaires.
La loi prévoit des dérogations au calcul des heures supplémentaires dans le cadre hebdomadaire. Il s'agit de l'ensemble des modes d'aménagement du temps de travail qui permettent de faire varier la durée du travail d'une semaine à l'autre : modulation, réduction de la durée du travail sous forme de jours RTT, cycles.
L'employeur d'un salarié à temps partiel doit prévoir contractuellement le nombre d'heures hebdomadaires ou mensuelles, ainsi que le volume des heures complémentaires pouvant être accomplies au-delà de la durée prévue.
Les heures complémentaires sont rémunérées, en principe, au taux normal. Elles ne donnent pas lieu au paiement des majorations pour heures supplémentaires, sauf dispositions conventionnelles plus favorables, ni à repos compensateur.
Sous certaines conditions, la rémunération des heures supplémentaires et des heures complémentaires est exonérée d'impôt sur le revenu. Il en va de même pour les jours de repos auxquels renonceraient les salariés en forfait annuel en jours. La défiscalisation profite avant tout aux salariés, même si l'employeur peut valoriser ce mécanisme dans le cadre de sa politique de rémunération.
Les heures qui entrent dans le champ du dispositif de défiscalisation ouvrent droit à une réduction de cotisations salariales et, à l'exclusion des heures complémentaires, une déduction forfaitaire de cotisations patronales.
Les apprentis ne sont pas exclus du bénéfice des mesures de la loi « travail, emploi, pouvoir d'achat » (circ. DSS/5B 2008-34 du 5 février 2008, question/réponse 25), mais il sera rare qu'ils en tirent un avantage, compte tenu du régime particulier qui leur est déjà applicable.
La détermination des heures ouvrant droit aux avantages de la loi TEPA a été la première question sensible, dès l'entrée en vigueur du dispositif. Les positions sont allées dans le sens d'un assouplissement.
Exonération d'impôt sur le revenu et réduction de cotisations salariales ont une incidence directe sur la détermination du net imposable. Les directives sont, à cet égard, précises.
Les exonérations de cotisations accordées au titre de la loi TEPA ne sont pas accordées sans formalités. Pour ce qui est des relations avec l'URSSAF, il suffit de tenir à leurs dispositions divers documents justificatifs.
L'employeur peut être amené à justifier le nombre d'heures accomplies par les salariés, notamment pour vérifier le non-dépassement des limites posées par loi quant à l'accomplissement d'heures supplémentaires. La publicité des horaires de travail, le décompte du temps de travail et l'enregistrement des horaires font l'objet de dispositions légales particulières.
Les dispositifs d'annualisation du temps de travail posent des difficultés pratiques pour le calcul des réductions de cotisations, dans la mesure où les heures supplémentaires ne sont connues qu'en fin d'année. L'administration a donné quelques pistes.