A la rencontre
Faire du compte épargne-temps un outil performant

Valery Bassong
Directeur Solutions d'épargne d'entreprise retraite et épargne salariale
WTW France
Avoir un compte épargne-temps, qui serve les intérêts des salariés et de l'entreprise, suppose de prendre en compte le long terme pour négocier un accord CET optimisé et sécurisé (https://bit.ly/4cSzFyq).
Un dispositif attractif
« Si le compte épargne-temps (CET) reste sous-utilisé (moins de 10 % des entreprises), il est de plus en plus plébiscité par les salariés et devient un outil d'attractivité au même titre que le package salarial. C’est un dispositif efficace de gestion du temps de travail car il permet à l’employeur et aux salariés de moduler l'utilisation des congés et de gérer plus sereinement les jours de congé et de RTT non pris. Dans les périodes de pic d'activité, l'entreprise peut maintenir son activité et les salariés peuvent travailler sans craindre de perdre des congés car ces jours vont alimenter leur CET et pourront être pris plus tard. Le salarié qui le souhaite peut ainsi se constituer un droit à congés à prendre ultérieurement dans un but précis, par exemple pour aménager sa fin de carrière en partant à la retraite plus tôt. Si l'entreprise en offre la possibilité, le salarié peut même transférer des jours de son CET vers un dispositif de retraite (ex. : plan d'épargne retraite, PER), ce qui améliore indirectement son épargne retraite. »
Un dispositif à sécuriser
« Pour l'entreprise, un des risques du CET ce sont les stocks de jours trop lourds qui créent pour elle un engagement à très long terme. En effet, elle doit être en mesure de financer les CET lorsque les salariés les prendront. Le pilotage de cette dette sociale est primordial et l'entreprise qui met en place un CET, ou renégocie l'accord collectif qui le prévoit, doit veiller à 3 points essentiels. Le 1er point, c'est l'alimentation du CET : il faut fixer le nombre maximal de jours que le salarié peut y mettre chaque année. Le 2e point, c'est le plafond : il faut limiter le nombre de jours cumulables au global dans un CET. Le 3e point, c'est la gestion des CET dans la durée. C'est là qu'intervient la transférabilité des CET vers des dispositifs additionnels comme le PER. Pour que ce transfert soit attractif, l'entreprise peut d'ailleurs négocier avec les représentants du personnel des abondements : le salarié qui transfère un jour de congé de son CET vers son dispositif de retraite voit, par exemple, ce jour valorisé de 20 %. Le mécanisme est gagnant-gagnant pour les salariés sur le plan de la gestion du temps de travail et sur celui de la préparation de la retraite (meilleur taux de remplacement quand ils partent à la retraite). Il est aussi intéressant que l'accord de CET contienne une clause qui prévoit que l'employeur doit donner son accord à la prise des jours de CET afin d'éviter qu'il y ait, in fine, des ruptures ou des dysfonctionnements au niveau de l'activité de l'entreprise car trop de salariés utilisent leur CET en même temps.
En résumé, il faut penser son CET pour du long terme dans l'intérêt des salariés et avec un cadre permettant à l'entreprise de ne pas se mettre en difficulté, notamment financière. »










