« Pour l'entreprise, un des risques du CET ce sont les stocks de jours trop lourds qui créent pour elle un engagement à très long terme. En effet, elle doit être en mesure de financer les CET lorsque les salariés les prendront. Le pilotage de cette dette sociale est primordial et l'entreprise qui met en place un CET, ou renégocie l'accord collectif qui le prévoit, doit veiller à 3 points essentiels. Le 1er point, c'est l'alimentation du CET : il faut fixer le nombre maximal de jours que le salarié peut y mettre chaque année. Le 2e point, c'est le plafond : il faut limiter le nombre de jours cumulables au global dans un CET. Le 3e point, c'est la gestion des CET dans la durée. C'est là qu'intervient la transférabilité des CET vers des dispositifs additionnels comme le PER. Pour que ce transfert soit attractif, l'entreprise peut d'ailleurs négocier avec les représentants du personnel des abondements : le salarié qui transfère un jour de congé de son CET vers son dispositif de retraite voit, par exemple, ce jour valorisé de 20 %. Le mécanisme est gagnant-gagnant pour les salariés sur le plan de la gestion du temps de travail et sur celui de la préparation de la retraite (meilleur taux de remplacement quand ils partent à la retraite). Il est aussi intéressant que l'accord de CET contienne une clause qui prévoit que l'employeur doit donner son accord à la prise des jours de CET afin d'éviter qu'il y ait, in fine, des ruptures ou des dysfonctionnements au niveau de l'activité de l'entreprise car trop de salariés utilisent leur CET en même temps.
En résumé, il faut penser son CET pour du long terme dans l'intérêt des salariés et avec un cadre permettant à l'entreprise de ne pas se mettre en difficulté, notamment financière. »