A la rencontre
L'IA, partenaire privilégié d'une fonction RH « conseil »
Philippe Bloquet
Président de PeopleSpheres
PeopleSpheres
Aujourd'hui limitée à quelques domaines de prédilection, l'IA sera demain l'interlocuteur « données » des salariés et des managers, et les RH verront leur rôle de conseil prendre de l'ampleur. Écoutez l'interview dans son intégralité sur RF Play (https://bit.ly/474LLzK).
Considérer l'IA comme un plus
« Pour le moment, l'IA est limitée à deux domaines de prédilection : le recrutement et les chatbots. Pour le recrutement, l'IA intervient dans la rédaction des offres, la recherche de tous les candidats possibles sur Indeed, LinkedIn… et des outils aident à évaluer les candidats (ex. : évaluation psychologique et technologique). Quant aux chatbots, après l'accumulation de connaissances et un entraînement sur des réponses à des questions récurrentes dans l’entreprise, ils peuvent répondre à un collaborateur (ex. : CP).
On peut dire que l'utilisation de l'IA dans les RH est un plus dans la mesure où ses algorithmes font ressortir des choses que les humains ne voient pas forcément. Et, ce qui est très puissant dans l’IA c'est l’analyse de volumes de données massives qui permet d'établir des corrélations entre des données du passé, d’aujourd’hui et des évènements extérieurs. L’humain aura plus de mal et pas forcément les données à disposition. »
Upskiller la fonction RH
« Aujourd’hui, tous les RH n'appréhendent pas clairement la part que l'IA va prendre dans leur métier. Et en plus des domaines RH où l'lA est déjà présente, de multiples domaines seront concernés dans le futur car l'IA va progresser. Les RH se méfient donc alors que l'humain va garder sa part dans la fonction.
Mais, tout dépend d'où on va poser le curseur. Par exemple, jusqu’où fera-t-on aller l’assistance fournie aux collaborateurs par un chatbot car plus la connaissance va augmenter, plus le chatbot pourra se substituer à l’assistant RH traditionnel. Il y a donc une nécessité très forte – c’est ce qui effraie – d’upskiller (monter en compétences) les RH pour qu'ils appréhendent cette technologie de la manière la plus efficace, les tâches de bas niveau étant réalisées par l’IA.
On demandera peut-être à l’assistant RH d’être capable d’interagir et d’aller fouiller dans l'écosystème pour remonter les infos pertinentes. Il devra « dialoguer » de manière qualitative avec d'autres bots (ex. : quand le salarié a-t-il été augmenté la dernière fois, comment se positionne-t-il par rapport à la moyenne ?).
Les interactions RH/salariés, RH/managers vont évoluer. On n'ira plus vers les RH pour poser des questions sur une donnée mais pour des conseils sur la carrière. Le collaborateur attendra de son interlocuteur RH qu’il puisse lui parler de tel ou tel dispositif d’accompagnement, de telle possibilité de carrière. Il exigera des infos plus qualitatives. C’est une grande opportunité pour les RH, s'appuyant sur des compétences plus larges et une autre manière de travailler. À eux de prendre le sujet à bras-le-corps, sans s'effrayer. ChatGPT ne les remplacera pas demain. »










