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Quelles rémunérations en 2024-2025, l'enquête Deloitte

Sophie Lazaro
Managing Directrice Capital Humain, Rewards & Talent
Deloitte
Quelles réponses les politiques de rémunérations 2024 ont-elles apporté aux attentes des salariés ? Et quelles sont les perspectives pour 2025 ? Écoutez l'interview dans son intégralité sur RF Play (https://bit.ly/3Vcd4oC).
2024 : moins d'augmentations, plus d'individualisation
« Dans un contexte de crises successives, notre étude annuelle sur les rémunérations montre que les niveaux d'augmentation versés en 2024 sont en léger recul par rapport à 2023. Mais il s’agissait d’une année singulière avec un taux d'inflation exceptionnel et des augmentations à plus de 4 %. En 2024, nous avons des augmentations médianes de 3,5 %, en léger recul mais au-dessus de l'inflation 2024 estimée à 2,5 %.
En termes de contenu des augmentations, la tendance de versement a un peu bougé en 2024 avec un rapprochement des pratiques pour les cadres et les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM). On constate aussi un retour à l'individualisation des augmentations avec une baisse des augmentations générales pour les cadres et les OETAM. Quant à la prime de partage de la valeur (PPV), outil de lutte contre l’inflation en 2023, elle marque un recul en 2024 : seuls 18 % des cadres et 22 % des OETAM l'ont perçue avec un montant médian de 400 €.
C’est différent pour l'épargne salariale (participation et intéressement) qui est en progression constante : en 2024, 95 % des OETAM et 93 % des cadres l’ont perçue avec des montants en hausse.
Enfin, bonne nouvelle, en 2024 le taux de féminisation a progressé sur les plus hauts niveaux de responsabilité, mais cela s'est fait au détriment des écarts salariaux car la promotion de ces femmes est intervenue à des niveaux de salaires plus faibles que ceux de leurs collègues masculins. »
2025 : tendances et perspectives
« En 2025, les entreprises prévoient un retour avant crises au pluriel (Covid, guerre en Ukraine, inflation…), soit l’année 2019 où les budgets d'augmentation se situaient entre 2,3 % et 2,5 %. Avec un budget à 3,5 % en 2024, on perdrait donc encore un point en 2025, avec toujours plus d'individualisation et un nouveau recul de la PPV.
Par ailleurs, il y a deux beaux projets à mener dès 2025 pour les entreprises qui doivent prendre en compte deux directives européennes. Concernant la directive Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), s’agissant de reporting extra-financier, après les directions financières et les directions développement durable, les DRH commencent à s'en emparer depuis quelques mois, pour un 1er reporting en mars 2025. Il leur faut également anticiper la transposition prévue en 2026, en France, de la directive européenne sur la transparence des rémunérations.
Au regard des enjeux sociaux très forts de ces textes, nous recommandons d'anticiper pour s'y préparer, accompagner le changement en termes de politique de rémunération et de gestion des talents. Il s'agit d'une étape car on manque des précisions nécessaires et de visibilité sur la transposition de la directive Transparence des rémunérations. »










