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Jurisprudence
Cour de Cassation, Chambre sociale, du 6 juillet 1999, 98-60.329, Publié au bulletin
N° de pourvoi 98-60329

Président : M. Gélineau-Larrivet .
Rapporteur : Mme Andrich.
Avocat général : M. Lyon-Caen.

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Attendu qu'en juillet 1997, Mlle X..., salariée de la société Fimeco employant moins de cinquante salariés, a été élue déléguée du personnel au second tour des élections professionnelles auxquelles elle s'était présentée sans mention d'une appartenance syndicale ; que le 13 février 1998, elle a été désignée par l'Union départementale CFTC en qualité de déléguée syndicale ; que la société Fimeco a contesté la régularité de cette désignation ;

Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense : (sans intérêt) ;

Sur le premier moyen : (sans intérêt) ;

Mais sur le second moyen :

Vu l'article L. 412-11, alinéa 4, du Code du travail ;

Attendu que pour annuler la désignation de Mlle X..., en qualité de déléguée syndicale, le tribunal énonce que l'esprit du texte de l'article L. 412-11 du Code du travail veut que le délégué syndical ait été élu aux fonctions de délégué du personnel sur la liste du syndicat qui le désigne délégué syndical et que l'arrêt de la Cour de Cassation du 2 novembre 1994 qui interdit à un syndicat de désigner comme délégué syndical, un délégué du personnel élu sous une autre étiquette syndicale peut parfaitement être transposé au cas d'espèce litigieux ;

Attendu cependant, que si les syndicats représentatifs ne peuvent, en application de l'article L. 412-11 du Code du travail, désigner comme délégué syndical dans les entreprises employant moins de cinquante salariés un délégué du personnel dont la candidature a été présentée par un autre syndicat, il leur est, néanmoins possible de désigner comme délégué syndical, un délégué du personnel élu en tant que candidat libre ;

D'où il suit, qu'en statuant comme il l'a fait, après avoir relevé que l'intéressée avait été élue déléguée du personnel en tant que candidate libre, le tribunal d'instance a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, le jugement rendu le 20 mars 1998, entre les parties, par le tribunal d'instance de Bar-le-Duc ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le tribunal d'instance de Verdun.