Quelques techniques pour développer l'assertivité
L’approche comportementale est tout à fait adaptée pour développer sa capacité à avoir un comportement assertif. En effet, tout le sujet est de s’entraîner à s’affirmer davantage qu’on l’aurait fait naturellement.
Pour commencer, s’entraîner par utiliser le « je » plutôt que le « on ». C'est un grand classique de celui ou celle qui ne prend pas sa juste place et ne s’affirme pas suffisamment Arrêtez de minimiser vos propos ou vos actions, assumez ce que vous dites plutôt qu’avancer sur la pointe des pieds car, en doutant, vous faites douter vos interlocuteurs.
Ensuite, l’idée est de s’entraîner dans des situations personnelles, idéalement sans trop d'enjeux, avant de le faire au travail.
-Demander une baguette plus ou moins cuite plutôt que celle qu’on vous présente.
-Changer d’avis sur un plat alors que le serveur a fini de prendre la commande ou sur un gâteau lorsqu’il est déjà emballé.
-Changer la garniture de son plat ou le renvoyer si la cuisson n’est pas conforme à la demande.
-Faire un feedback précis avec au moins un retour positif et un point d’amélioration à la fin du repas quand le serveur demande si tout s’est bien passé, idem après un séjour dans un hôtel ou lors d’un achat important pour vous.
-Exprimer à une personne qui vous double, le sens de la file d’attente.
-Faire remarquer à une personne qu’elle exagère si elle échange au téléphone en faisant profiter les autres voyageurs de sa conversation.
-Se contraindre à se positionner (même si cela ne correspond pas exactement à ce que l'on pense) contre la majorité, lors d’un déjeuner ou d’un dîner, sur un sujet courant avec des arguments.
-Raccrocher le plus vite possible en cas d’appel publicitaire non sollicité ou à un moment qui ne vous convient pas.
-Refuser une invitation à déjeuner ou à prendre un verre en partageant une seule raison et en proposant un autre moment si la personne est importante pour vous.
Il est recommandé de commencer par des situations relativement faciles pour vous, ces situations pouvant ensuite s’étendre à d’autres en vous appuyant sur votre prise de confiance progressive. Moins vous le faites spontanément, plus vous avez de la marge de progression. Plus vous le faites déjà naturellement, plus vous êtes prêts à passer à des contextes qui vous posent des difficultés.
Observez comment font les personnes autour de vous et inspirez-vous d’elles ou, au contraire, évitez leur manière de faire si vous la trouvez trop invasive/agressive.
Gardez en tête que tout peut être dit mais tout dépend de la manière dont cela est fait. Dans l’expérimentation du restaurant, vous constaterez qu'un feedback courtois vous permettra parfois d’obtenir un café ou un autre avantage offert par la maison.
Quand vous ressentez un vrai frein, demandez-vous s’il y a des bénéfices à le faire (par exemple dire non à son N + 2 n’a pas forcément d’intérêt en soi) mais aussi quels sont, d'une part, les conséquences du pire scénario, d'autre part, les risques à ne pas dire. Cela vous guidera dans ce que vous allez dire et la façon dont vous allez l'exprimer. Dans un monde où la moindre action fait l’objet d’une demande de feedback dans une enquête, utilisez ce besoin de retour pour dire les choses en direct plutôt que derrière un écran, ce qui ne vous empêche pas de le faire, notamment pour exprimer votre mécontentement.