Il existe de mauvaises raisons d’accepter une position de manager : le statut, les motivations extrinsèques comme la reconnaissance ou la pression interne/sociale. « C’est la prochaine étape de ma carrière », « C’est mieux payé ! » « Mon manager/la RH m’a dit que j’étais le candidat idéal et que j’avais les épaules », « Tous mes camarades de promotion sont managers, pourquoi pas moi ? ».
On entend partout que « plus personne ne veut manager. » Trop de charge, trop d’injonctions, peu de marge de manœuvre, le sentiment d’être coincé entre un cadre (objectifs, règles et processus) et la gestion « de l’humain ». Certains franchissent le pas à reculons avec une vision du management ancienne et rébarbative : contrôler, faire la police, micro-manager, transférer des mails et remplir des tableaux. Alors qu’il s’agit d’un métier d’impact qui invite à la créativité. Devenir manager consiste, en effet, à sortir du confort de son expertise d’origine maîtrisée pour embarquer un collectif sur un projet, une vision (voir « Passer d’expert à manager, une marche à monter » RF Social 242). Les bonnes raisons de devenir manager relèvent plutôt de motivations intrinsèques : envie de faire grandir, conviction d'apporter quelque chose, alignement avec ses valeurs, besoin de perspectives et de grandir professionnellement.
À retenir. Les managers qui réussissent ne cherchent pas le pouvoir : ils veulent avoir de l’impact, résoudre des problèmes complexes, et grandir en aidant les autres à grandir.
Le management est-il fait pour moi en 3 questions :
1°/ Suis-je prêt à renoncer à mon expertise, à ma réussite individuelle pour avoir un impact collectif et permettre aux autres de grandir et se développer même si c’est potentiellement moins visible ?
2°/ Suis-je confortable avec l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté, prêt à assumer des décisions impopulaires avec une envie de regarder les sujets de plus haut et à 360° ?
3°/ Suis-je curieux et intéressé par la complexité humaine et ai-je envie de passer plus de 50 % de mon temps sur des sujets relationnels et humains plutôt que techniques en me formant ?
À FAIRE. Rédiger sa profession de foi : pourquoi je veux devenir manager, le manager que je souhaite incarner et mes valeurs, mes rituels managériaux, mes atouts et mes peurs, les situations difficiles pour moi et comment les gérer, ma stratégie de prise de poste, le pitch de ma première réunion.