Les étapes sont les mêmes. En tant que manager, quand je veux faire évoluer un collaborateur, je dois commencer par lui faire un feedback qui va lui donner envie de changer. Pour cela, il a besoin de faits qui relèvent du même sujet comportemental et surtout de réfléchir aux conséquences s’il ne bouge pas, pour entrevoir des bénéfices à changer.
Un feedback est un cadeau, pas une punition, une critique ou un « feedbaffe ». Ce n’est pas non plus « chicaner » sur des détails qui n’ont pas d’importance ou ne sont pas en lien direct avec le poste occupé. L’idéal est de respecter le seuil de Losada qui consiste à faire trois feedbacks positifs pour un feedback d’amélioration. Avant de faire un feedback d’amélioration, je dois me poser quelques questions en lien avec l’utilité et ma légitimité : en quoi ce comportement ou cette manière de faire est un problème ? À quoi ça sert de lui en parler ? En quoi est-ce à moi de le faire ? Que se passerait-il si je ne le fais pas ? Il est probable que si vous ne faites rien, non seulement, cela va continuer voire s’étendre dans l’équipe. Vous ne jouerez pas votre rôle de manager et vous risquez, de plus en plus, de lui faire sentir que son comportement ne va pas, car cela va de plus en plus vous énerver. L’idéal est de pratiquer le feedback en continu, au quotidien (pas des heures et des heures mais environ 15 mn par semaine ou tous les 15 jours en suivi) et pas seulement au moment de l’entretien annuel.
Tant que votre collaborateur ne visualise pas bien ce qu’il doit changer aucune chance qu’il fasse autrement. Votre rôle est de l’accompagner après lui avoir fait prendre conscience des limites de sa façon de faire actuelle. En effet, le développement passe de plus en plus par les compétences comportementales, au-delà du technique. Et envoyer en formation est insuffisant car acquérir des compétences comportementales repose surtout sur une mise en pratique. Vous le ferez bouger si vous le faites réfléchir au maximum. Il ne s’agit pas de lui dire comment faire mais plutôt de l’accompagner à monter une marche par rapport à une habitude qui n’est pas totalement efficace et dont il n’a pas pleinement conscience (sinon il aurait déjà changé sa manière de faire). Vous l’aiderez à accoucher de son plan d’actions en préparant l’avenir et en l’aidant à prendre de la hauteur.
À FAIRE. Préparez votre feedback avec des faits précis pour qu’ils soient indiscutables. Choisissez bien vos mots d’introduction pour nommer le comportement à faire évoluer. Ce ne doit être ni un jugement sur ce qu’il est (sa personnalité) ni un reproche déguisé. Faites toujours votre feedback en tête à tête, pas en réunion d’équipe sauf si tout le monde est concerné par le même sujet de progrès. Demandez au collaborateur s’il est d’accord avec vos observations avant de lui proposer le comportement sur lequel vous l’aiderez à se développer (si vous êtes convaincu qu’une évolution est possible et que vous voulez réellement l’aider à progresser).