La chambre criminelle de la Cour de cassation s'est récemment alignée sur la position de la jurisprudence sociale en reconnaissant, pour la première fois en matière pénale, que des propos à connotation sexuelle ou sexiste adressés à plusieurs personnes ou adoptés devant plusieurs personnes, sans pour autant les viser directement, sont susceptibles d'être imposés à chacune d'entre elles et caractérisent le délit de harcèlement sexuel (cass. crim. 12 mars 2025, n° 24-81644 FB). L'intérêt de cette décision est double : ❶ la Cour de cassation élargit le champ d'application du délit de harcèlement sexuel à la victime qui ne s'est pas vue imposer directement les agissements sexuels ou sexistes par son auteur, ❷ elle ne pose pas l'existence d'une pluralité d’auteurs comme condition du harcèlement d’ambiance. Cette décision s'inscrit dans la droite ligne de l'évolution de la jurisprudence criminelle, laquelle a récemment considéré, s'agissant du harcèlement moral, que la caractérisation de l'infraction n'exigeait pas que les agissements reprochés concernent un ou plusieurs salariés en relation directe avec son auteur, ni que les salariés victimes soient individuellement désignés, en dégageant à cette occasion la notion de harcèlement moral institutionnel (cass. crim. 21 janvier 2025, n° 22-87145 FSBR).