Il est possible que vous preniez conscience qu'un collaborateur va mal en observant son comportement qui change. Il arrive aussi qu'il vienne vous en parler (voir plus loin).
Ce changement observé peut être le fait que le collaborateur a l’air fatigué ou triste, démotivé, qu'il est irritable ou au contraire qu'il s’isole, ne prend plus le café avec le reste de l’équipe ou ne déjeune plus avec tout le monde, qu'il se montre à fleur de peau, parle beaucoup ou au contraire plus du tout, qu'il reste davantage en télétravail, arrive en retard le matin ou encore plus tôt, qu'il repart très tard, est en retard sur ses échéances, envoie des e-mails tardifs ou tôt le matin ou encore le week-end ou pendant ses vacances, qu'il commet davantage d’erreurs ou oublie des choses importantes, qu'il perd son téléphone ou ses clés, qu'il arrête le sport ou les activités qu’il aime et lui font habituellement du bien.
Une chose est sûre vous constatez - et vous n’êtes pas le seul, car ses collègues aussi s’inquiètent - un comportement différent de d’habitude qui vous fait vous douter que votre collaborateur va mal.
Votre rôle est de rencontrer votre collaborateur pour lui partager vos observations et lui dire que vous vous inquiétez pour lui. Faites preuve de considération, non de jugement, et ouvrez la discussion sur la façon dont lui vit les choses.
À FAIRE. Laissez-le exprimer ce qui lui arrive (laissez des silences), s’il le souhaite. Puis demandez-lui si sa santé est impactée, s’il a consulté un médecin généraliste, s’il a un médecin traitant et s’il est pris en charge. Si vous le sentez isolé ou qu'il vous fait part de troubles du sommeil, de l’appétit ou encore cognitifs (vous pouvez en constater certains vous-mêmes), vous devez davantage vous inquiéter. Certes, on craint d'être intrusif, de porter atteinte à la vie privée du salarié, mais il est compliqué, voire dangereux, de rester sans rien faire. Exprimez-lui clairement que vous ne pourrez pas nécessairement garder pour vous les informations qu’il va vous livrer car vous avez une responsabilité vis-à-vis de lui, de sa santé et que cela suppose que cela soit pris en charge par les personnes compétentes. Si vous lui devez la discrétion, vous ne pouvez ignorer des situations qui peuvent engager votre responsabilité (ndlr : l’employeur est tenu, à l’égard de chaque salarié, d’une obligation légale de sécurité qui lui impose de prendre les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité et protéger sa santé physique et mentale).
Il est possible que vous vous rendiez compte qu'il vous faut intervenir. Si vous doutez des limites de votre intervention, vous pouvez consulter un professionnel du droit pour savoir jusqu'où vous pouvez aller, jusqu'où vous devez aller compte tenu de l'obligation de sécurité mise à votre charge. Tournez-vous vers la médecine du travail qui saura vous conseiller sur la manière de faire. Vous pouvez également, en fonction de la nature du problème, solliciter plusieurs personnes ressources dans l’entreprise comme les RH, l’assistante sociale, le psychologue ou la cellule psychologique ou votre propre hiérarchie. Ne restez pas seul dans cette situation.
Si après vos investigations, un rendez-vous avec la médecine du travail est nécessaire, informez votre collaborateur sans tarder que vous allez contacter ce service en ce sens.