Les conséquences négatives des tensions entre les équipes
Trop de frottements entre équipes nuisent à l'efficacité et au plaisir de travailler ensemble. Souvent, ces tensions sont la simple conséquence d’une méconnaissance du métier ou des tâches des autres, d’une sous-estimation de leurs besoins ou de leurs contraintes, d’a priori ou d’une appréciation négative de leur travail. C'est dommageable, mais qui va faire en sorte d'y remédier ?
C’est le manager qui est garant de la transversalité au sein de son entité et qui est censé gérer les difficultés aux interfaces avec les différentes équipes, au-delà de son périmètre, en se coordonnant avec ses collègues. Car les frottements aux interfaces peuvent coûter cher :
-on ne communique pas en direct et le sujet remonte (parfois jusqu’au DG) ;
-les projets et la production prennent du retard, le client final subit des défauts qualité, les coûts directs ou cachés explosent ;
-les tâches sont réalisées plusieurs fois, certaines personnes sont obligées de rattraper les défauts de traitement constatés des équipes normalement en charge du sujet ce qui génère ou ajoute des tensions, provoque des critiques et des reproches ouverts ;
-des tensions peuvent générer des conflits, du mal-être et potentiellement des arrêts maladie.
À noter
Selon une étude OpinionWay pour Topics et All Leader Initiative de 2021, 20 jours de travail par an et par salarié seraient passés à composer avec des situations de conflit. Pourtant, la mesure précise de ce sujet étant difficile, on sous-estime souvent le phénomène ou on cherche à le rationaliser en le réduisant comme étant lié à une personne du système, qui joue le rôle de bouc émissaire.
Même quand les RH, les managers et les dirigeants trouvent le niveau de collaboration très moyen, faute d’indicateurs de mesure, ils ne creusent pas le sujet. En effet, si le nombre de mails ou de destinataires en copie, la fréquence, la durée, le nombre de participants aux réunions sont des indices, il est difficile d'en tirer des conclusions et un plan d'actions.
À FAIRE. Mesurer, car ce qui ne se mesure pas n’existe pas, en s’appuyant, par exemple, sur les axes d’analyse de la santé de la transversalité suivants :
-la qualité perçue des clients (NPS : Net Promoteur Score) et les verbatims associés (commentaires Google notamment) ;
-le coût des réunions (salaire horaire des participants) ;
-les délais de réponse aux mails et aux clients ;
-la clarté et la pertinence de l’organisation (connaissance du « qui fait quoi », des objectifs communs collectifs au-delà des entités de rattachement, des finalités communes ou en tout cas qui ne s’opposent pas) ;
-les comportements (miser sur l’esprit collectif plutôt que l’individualisme et le « chacun pour soi »).
Une vigilance particulière devra être portée à l’articulation entre les fonctions supports et les opérationnels (en mesurant la qualité des prestations et le niveau de support apporté), la valeur ajoutée dans les conseils, les compétences, la réactivité et donc l'adéquation du staffing par rapport aux demandes reçues.