Impression personnalisée

Sélectionnez les paragraphes que vous désirez imprimer

Management

L'exemplarité du dirigeant, du manager

Sandrine Caillé

Sandrine Caillé

Human Transfo

https://human-transfo.com/

Sandrine Caillé, fondatrice de Human Transfo met en mouvement les équipes, les managers et les dirigeants. Consultante depuis 25 ans, elle rend accessible la complexité humaine et permet d’atteindre les enjeux business en identifiant les comportements indispensables. Son approche est de transformer toute forme de résistance en énergie positive. Avec Human Transfo, (re)mettez l’humain au cœur des changements.

On entend souvent que les dirigeants, les managers doivent être exemplaires. Mais chacun ayant sa perception de l'exemplarité, il est important de définir cette notion et de comprendre comment l'incarner dans le quotidien de l'entreprise.

L'exemplarité suppose de s'écouter

Les équipes attendent des dirigeants et managers l'exemplarité. Mais que recouvre véritablement cette notion ? Le dirigeant, le manager doit répondre à cette question pour pouvoir déterminer ce qu'il doit faire pour progresser dans son exemplarité. Car être exemplaire est avant tout un choix personnel.

Exiger de soi d'être exemplaire induit prioritairement de s'occuper de soi et de ne pas tirer sur la corde qui est pourtant parfois tendue. Le dirigeant, le manager, ultra-sollicité, toujours sur le pont, ce n'est pas une image, c'est une réalité. Tout le monde - ses équipes, ses partenaires, etc. - attend beaucoup de lui. Il veut être là, répondre, résoudre, proposer, mais cela ne fonctionne sur la durée que s'il gère son investissement humain dans ses fonctions comme le ferait un athlète de haut niveau (voir RF Social d'avril 2024, « Gérer son énergie pour tenir dans la durée sans s'épuiser »).

Le dirigeant, comme dans tout métier dans lequel on s'occupe des autres, doit - même si cela ne lui est pas naturel - d'abord penser à lui (comme dans un incident dans un avion où il faut d'abord se protéger en mettant son masque avant de sauver les autres). Pourtant, cela ne va pas de soi car plus on monte dans la hiérarchie, plus les responsabilités sont grandes, plus les décisions à prendre constituent un enjeu et plus les marges de manœuvre s'avèrent réduites. Sous pression, le dirigeant peut être tenté de se centrer totalement sur les décisions à prendre, et sans en avoir conscience, faire l'erreur de ne pas s'écouter.

Il en va de même pour tout manager (N +1, N +2) en fonction de son niveau de responsabilité. S'il est principalement tourné sur son équipe, s'il cherche à résoudre toutes les problématiques qui lui sont remontées chaque jour, s'il agit à la place de ses collaborateurs… il finira par le faire aux dépens de ses propres tâches. Débordé, sous pression, son exemplarité et surtout sa santé mentale et physique seront mises à rude épreuve.

À FAIRE. Au quotidien, avant même d'être en situation d'affronter une période tendue, écoutez votre corps (mal au dos, migraine, gastrite…), vos signaux faibles (irritabilité, perte de créativité, difficulté à dormir…). Ménagez-vous des temps pour vous (pratiquez vos hobbies) pour vous permettre de prendre du recul. La tête dans le guidon, ça peut fonctionner un temps, mais pas sur le long terme, en tous les cas pas avec autant de créativité et de clarté de jugement que nécessaire.

Il est indispensable pour le dirigeant, le manager, comme tout un chacun, de se ménager des temps dans son planning pour les activités qui font du bien. Faites un test : ouvrez votre agenda du dernier trimestre 2024, si ce n'est pas le cas (il n'y a pas ou peu de temps pour vous, il y en avait mais ils sont tous ou presque rayés) inquiétez-vous. Vous êtes sur une pente dangereuse, mais vous pouvez agir.

Ouvrez votre agenda du 1er trimestre 2025 et glissez-y des plages de temps personnel consacré aux activités qui vous ressourcent, vous reconnectent à vous-même. Montrez-vous réalistes, cela doit être faisable car il n'est pas question de faire passer ces temps à la trappe (vous ne devez pas les rayer de votre emploi du temps en raison d’urgences à traiter et devez donc avoir aussi du temps pour traiter ces urgences propres à votre métier et votre contexte). Une fois que vous aurez pris conscience de l’intérêt de prendre soin de soi d'un point de vue personnel et professionnel, vous reverrez vos ambitions à la hausse et augmenterez ces temps personnels pour probablement une plus grande efficacité et davantage de réussite professionnelle.

À noter

Pensez également à équilibrer les temps de réunion (attention à la réunionite) et les temps de réflexion de fond sur vos dossiers, vos axes stratégiques… Vous ne pouvez pas diriger, manager, sans avoir de temps pour travailler seul. Vous ne pouvez pas travailler sans vous réserver des temps sans appel téléphonique, ni interruption de quelque sorte que ce soit. Oui la porte de votre bureau sera parfois fermée. Dites-le clairement et expliquez pourquoi. Si cela vous permet d'être vraiment présent le reste du temps, vos collaborateurs comprendront.

Pas d'exemplarité sans congruence

Il arrive que les collaborateurs critiquent leurs dirigeants ou leurs managers en leur reprochant leur manque d'exemplarité. Que veulent-ils dire ? Très simplement, ils pointent du doigt que le dirigeant ou le manager ne s'applique pas les règles posées dans l'entreprise pour tous les salariés et que, sur cette base, ils leur demandent de respecter (règles de fonctionnement diverses, notes de frais...).

Exemple

Un manager fait fi du droit à la déconnexion et envoie des mails tardifs ou le week-end, travaille pendant ses congés. Le collaborateur est perdu : est-ce cela que l'on attend de lui ? Sera-t-il mal jugé si lui ne travaille pas le soir ?

ATTENTION. L'exemplarité suppose d'être congruent c'est-à-dire faire ce que l'on dit et ce que l'on demande.

L'exemplarité et la congruence passent donc nécessairement par vos comportements. Demandez-vous ce que l'on voit de vous :

-lorsque vous mettez en avant que le droit à l'erreur fait partie des valeurs de l'entreprise alors que vous tombez sur votre assistant ou un autre collaborateur qui n'aurait pas agi selon votre méthode ;

-quand vous prônez régulièrement le respect et que vous coupez la parole, ou que vous ne dites pas « Bonjour » le matin en arrivant ou encore que vous n'êtes pas suffisamment attentif aux autres.

Mettre l'exemplarité dans son axe

Souvent il n'y a aucune intention de la part du dirigeant ou du manager. Peut-être n'êtes-vous pas conscient du décalage entre vos mots et vos actes, mais ce peut être le ressenti de vos équipes. Cela ne remet pas en cause qui vous êtes, c'est plutôt faute de temps, pour aller à l'essentiel ou sous le poids d'une pression énorme que vous agissez ainsi. Il s'agit non d'une intention contraire aux valeurs exprimées, mais d'une attitude non conforme à ces valeurs.

Or, le manque de congruence, entre ce qui est annoncé et ce qui est fait, sème la confusion dans l'esprit des collaborateurs. Cela peut donner l'impression qu'il y a un effet d'annonce : l'entreprise met en avant des idées, des valeurs qu'elle n'applique pas.

Ce constat fait, difficile d'en rester là car vous ne pouvez pas embarquer durablement vos équipes sans exemplarité et congruence. Il vous faut créer ou recréer ce lien indispensable. Deux axes d'actions complémentaires s'offrent à vous que vous pouvez actionner en fonction de vos réalités.

❶ L'exemplarité passe par la proximité. Relevez vos manches, mettez les mains dans le cambouis ou, au moins, soutenez vos équipes sur les projets sur lesquels elles rencontrent des difficultés.

❷ On retient toujours les dirigeants et les managers à l'écoute et qui répondent présents quand on les sollicite. Mais il ne suffit pas de laisser sa porte ouverte. Il s'agit, là encore, d'une question d'attitude : comment écoutez-vous vos collaborateurs ? Droit dans les yeux ou centré sur votre mobile ou votre ordinateur pendant qu’ils vous parlent de choses que peut-être vous savez déjà ? S’ils sont en disque rayé, il y a une raison, à vous de la comprendre.

À FAIRE. Réservez du temps dans votre agenda pour rester en contact avec vos équipes comme vous le faites naturellement avec vos clients. Soyez authentique quand vous le faites, ou ne le faites pas, c’est-à-dire écoutez-les vraiment sur leur quotidien, cela vous permettra de prendre des décisions en lien avec le ressenti terrain.

Enfin, ayez à l'esprit qu'être exemplaire ne signifie pas être parfait. Aucun collaborateur n'exige d'un dirigeant, d'un manager, qu'il soit parfait. Il attend simplement (est-ce si simple ?) qu'il soit un référent compétent, responsable dans ses missions et ses actes et juste. Et cela ne peut pas se faire sans respecter, et faire respecter, les valeurs et règles de l'entreprise.

Parler d'exemplarité, c'est donc parler d'alignement entre les valeurs annoncées, les règles et le cadre posés dans l'entreprise/l'équipe, et de la façon dont chacun le fait vivre au quotidien dans les comportements les plus simples (ex. : saluer les autres, les remercier plutôt que leur en demander toujours plus) ou les situations plus complexes (ex. : organiser l’entraide, des renforts, un report de délais en cas de surcharge de travail). Lorsque chacun, à son niveau, véhicule l'exemplarité, la question ne se pose pas. Dirigeant, manager et si vous faisiez, pour vous, votre autodiagnostic à partir des éléments évoqués ? Si l'envie ou le besoin de renforcer votre leadership par plus d'exemplarité émerge, le coaching est un appui possible.

Parution: 01/2025
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Groupe Revue Fiduciaire 2026. Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.