« Il y a plusieurs manières d’encadrer juridiquement l’usage de l’IA par les salariés. On pense en premier au contrat de travail et il faut certainement faire une revue des clauses pratiquées pour les ajuster à l'IA (ex. : clause de discrétion renforcée). Cependant, utiliser le contrat qui est plutôt figé (sa modification suppose l'accord du salarié) alors que l'IA est évolutive, n'est pas le plus adapté.
La mise en place d'une charte d’utilisation de l’IA est la voie la plus logique et la plus évolutive. L'employeur doit veiller à l'adopter selon le processus du règlement intérieur, notamment en consultant le CSE, informant l’inspecteur du travail qui retoquera toute atteinte disproportionnée aux droits des salariés et informant les salariés de son existence pour qu’elle leur soit opposable. Dès lors, si toutes les conditions sont réunies, un salarié qui utiliserait l’IA sans respecter le cadre posé par la charte pourrait être sanctionné.
Par ailleurs, il est important que l’employeur forme les salariés à l’utilisation de l’IA, dans le cadre de son obligation de formation et d’adaptation aux moyens modernes de travail.
Il est donc difficile pour les entreprises de faire comme si de rien n’était, elles doivent agir pour se protéger. De plus, la réglementation européenne va, à terme, renforcer les obligations des organisations dans le domaine de l'IA (règlement européen 2024/1689 du 13 juin 2024). »