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Gestion du personnel

Favoriser le sport, un pari gagnant pour l'employeur et les salariés

Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris ont donné envie aux salariés de faire du sport. Les employeurs peuvent répondre à cette attente, favorisant ainsi une meilleure santé physique et mentale des salariés, des relations entre collègues renforcées et l'attrait de l'entreprise.

Proposer des activités sportives

La possibilité de promouvoir le sport dépend parfois de la taille de l'entreprise et de la présence d'un CSE (voir encadré).

Salle de sport pour les salariés. - Lorsque l'employeur met à la disposition des salariés une salle de sport aménagée dans l'entreprise, il s'agit d'un local de l'entreprise qui relève de la réglementation en matière d'hygiène et de sécurité, notamment en matière d'aération et d'assainissement, d'installations électriques et de sécurité incendie (c. trav. art. R. 4222-1 et s., R. 4226-5 et s et R. 4227-28 et s.). La salle de sport doit aussi satisfaire à la réglementation fixée par le code du sport (c. sport art. L. 322-2). Il faut, par exemple, prévoir une trousse de secours et un moyen de communication pour alerter rapidement les services de secours (c. sport art. R. 322-4 et s.). Enfin, une déclaration d’équipement sportif doit être effectuée après de l'administration (c. sport art. L. 312-2 et R. 312-3).

L'installation de vestiaires et des douches pour les salariés va souvent de pair, facilitant la pratique du sport (c. trav. art. R. 4228-2 et s.).

À noter

L'employeur doit s'assurer que la salle de sport et les installations sont accessibles à tous les salariés, y compris les personnes handicapées (c. trav. art. R. 4225-6 et s. ; c. sport art. L. 100-3).

Si l'employeur loue une salle de sport à proximité de l'entreprise, celle-ci répond aux mêmes critères.

Cours collectifs assurés par un prestataire. - L'employeur peut faire appel à un prestataire externe pour assurer des cours collectifs auprès des salariés (ex. : professeur de fitness). Il doit alors s'assurer que ce professionnel dispose d'un diplôme, titre ou certificat de qualification professionnelle lui permettant d'animer une activité physique ou sportive (c. sport art. L. 212-1). Une copie de ce diplôme, titre ou certificat doit être affichée dans la salle de sport, en un lieu visible de tous (c. sport art. R. 322-5).

Association sportive d'entreprise. - Une association sportive d'entreprise peut être constituée pour promouvoir la pratique du sport en entreprise et organiser les activités à destination des salariés. Elle peut être mise en place par une ou plusieurs entreprises (c. sport. L. 121-8). Cela permet de mutualiser les installations et les coûts par exemple entre plusieurs sociétés d'un groupe, plusieurs entités d'une UES ou plusieurs entreprises sans lien juridique entre elles mais situées dans un même bâtiment.

Participation des salariés à des événements sportifs. - L'employeur peut financer l'inscription des salariés à des événements sportifs (ex. : prise en charge du montant du dossard d'une course à pied).

Exonération de cotisations. - Afin d’encourager la pratique du sport en entreprise, l'employeur est exonéré de cotisations et de contributions sociales sur les avantages constitués par (c. séc. soc. art. L. 136-1-1, III, 4°, f et D. 136-2 ; BOSS, Avantages en nature, §§ 1100 et 1110, 1/10/2024) :

-la mise à disposition d’une salle de sport dans l’entreprise ou louée par elle, d'un matériel sportif, de vestiaires et de douches et l’organisation de cours dans la salle de sport, sans limite de montant exonéré ;

-le financement de prestations d’activités physiques et sportives, tels que des cours collectifs ou des événements ou compétitions de nature sportive, dans la limite de 5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale, multipliée par l’effectif de l’entreprise, pour l’ensemble de l’année civile.

Pour être exonérés, les équipements et prestations doivent être accessibles à tous les salariés (c. séc. soc. art. D. 136-2). L’employeur informe le personnel des conditions d’organisation des prestations d'activités physiques et sportives (cours proposés, lieux, horaires, modalités d’inscription…) (BOSS, Avantages en nature, § 1110, 1/10/2024).

Quand le sport est une prérogative du CSE

❶ Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le sport en entreprise constitue une prérogative du comité social et économique (CSE), au titre de ses attributions en matière d'activités sociales et culturelles (ASC). Ainsi, seul le CSE est compétent pour décider d'organiser des activités physiques et sportives au profit des salariés et participer à leur financement (c. trav. art. L. 2312-80 ; c. sport art. L. 121-7). Il peut assurer lui-même la gestion des activités physiques et sportives ou en déléguer tout ou partie à l'employeur. L'employeur qui prend l'initiative d'instituer une activité physique ou sportive pour les salariés (ex. : cours de yoga), sans avoir obtenu de délégation du CSE, commet un délit d'entrave au fonctionnement du comité.

❷ Dans les entreprises de moins de 50 salariés, le CSE ne disposant pas d'attributions en matière d'ASC, le sport en entreprise ne relève pas de sa compétence mais de celle de l'employeur.

❸ Dans les entreprises dépourvues de CSE, quelle que soit leur taille, l’organisation d’activités physiques et sportives relève de la seule compétence de l’employeur. L’absence de représentants du personnel ne constitue pas un obstacle à leur mise en place.

Faciliter la pratique du sport

Aménagements des horaires de travail. - La mise en place d'un dispositif d'horaires individualisés, également appelés « horaires à la carte », combinant des « plages fixes » - où la présence est obligatoire - et des « plages mobiles » - dans lesquelles les salariés choisissent leurs horaires d'arrivée et de départ du travail - permet de concilier activité professionnelle et vie personnelle (c. trav. art. L. 3121-48). Elle favorise donc la pratique régulière d'une activité sportive en dehors du travail.

Mais ce dispositif ne peut être mis en place que si des salariés en ont fait la demande. De plus, l'avis conforme du CSE, ou l'autorisation de l'inspection du travail en l'absence de CSE, est nécessaire (voir Dictionnaire Social, « Horaires individualisés »).

Notons que le télétravail permet lui aussi aux salariés de pratiquer une activité sportive à proximité de leur domicile, dans le respect des horaires de travail en vigueur dans l'entreprise, avantage auquel les salariés et les candidats à un poste sont sensibles.

Prise en charge des frais d'abonnement ou de licence sportive. - L'employeur peut participer financièrement aux frais d'abonnement en club de sport ou aux frais de licence sportive.

S'il finance la souscription d’un accès collectif à une infrastructure de sport (ex. : club de gym), il peut bénéficier de l'exonération de charges sociales précitée pour l'avantage attribué par l’employeur au titre du sport en entreprise (voir ci-avant). En revanche, la prise en charge par l'employeur du coût d'un abonnement individuel des salariés à des cours de sport, ou à des frais d'une licence sportive individuelle, constitue un avantage en nature soumis à cotisations (BOSS, Avantages en nature, §§ 1110 et 1120, 1/10/2024).

Encourager la pratique du « vélotaf »

Utilisation du vélo pour le trajet domicile-travail. - La mobilité constitue un bon moyen pour développer la pratique d'une activité physique par les salariés. L'employeur peut ainsi encourager les salariés à utiliser le vélo pour effectuer leurs déplacements domicile-lieu de travail. Cette pratique est communément appelée « vélotaf ».

Instituer le forfait mobilités durables. - Pour inciter les salariés à utiliser le vélo pour se rendre au travail, l'employeur peut mettre en place dans l'entreprise le « forfait mobilités durables » (c. trav. art. L. 3261-3-1).

Il permet notamment de financer les frais engagés par les salariés par l'utilisation du vélo. Selon le ministère de la Transition écologique (site du ministère, « FAQ : le forfait mobilités durables »), le versement du forfait mobilités durables peut consister en :

-un montant forfaitaire conditionné à une pratique du vélo ;

-un montant forfaitaire par kilomètre parcouru (chaque salarié a donc un forfait différent selon le nombre de kilomètres réalisés) ou par nombre de jours de pratique ;

-une participation aux dépenses réelles, notamment achat ou location de vélo, achat d’accessoires de sécurité, frais d’entretien et de réparation, abonnement à un stationnement sécurisé vélo.

Un cadre social et fiscal avantageux. - Le forfait mobilités durables présente l'avantage de bénéficier d'un régime social et fiscal avantageux, avec une exonération d'impôt sur le revenu, de cotisations et de CSG/CRDS pouvant aller jusqu'à 700 € par salarié et par an (c. séc. soc. art. L. 136-1-1, III, 4°, e ; loi 2022-1157 du 16 août 2022, art. 2, I, JO du 17, modifiée par loi 2023-1322 du 29 décembre 2023, art. 29, JO du 3 ; pour plus de détails voir Dictionnaire Paye, « Frais de transport domicile-lieu de travail »).

À noter

Ce plafond d'exonération passera à 600 € par salarié et par an à compter de 2025 (loi 2023-1322 du 29 décembre 2023, art. 7, JO du 30 ; CGI art. 81, 19° ter, b au 1.01.2025).

Mise à disposition gratuite d'une flotte de vélos. - Les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés qui mettent gratuitement une flotte de vélos à la disposition des salariés pour leurs déplacements domicile-lieu de travail peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt au titre des frais générés par cette mise à disposition (CGI, art. 220 undecies A). Les vélos peuvent être soit achetés, soit loués, le contrat de location devant être souscrit pour au moins 3 ans.

La réduction d'impôt est plafonnée à 25 % du prix d'achat ou de location de la flotte de vélos et s'applique au titre de l'exercice au cours duquel les frais ont été générés. L'entreprise doit pouvoir justifier que ses salariés utilisent les vélos pour leur trajet domicile-travail (ex. : attestations sur l'honneur) (www.service.public).

Avoir un salarié sportif de haut niveau

Convention d'insertion professionnelle. - Conclure une convention d’insertion professionnelle (CIP) avec l'Agence nationale du Sport permet au sportif de haut niveau (sportif figurant sur une liste ministérielle) de combiner carrière professionnelle et carrière sportive. La convention définit les droits et devoirs du salarié sportif envers l'entreprise et vise à lui assurer des conditions d'emploi compatibles avec son entraînement et sa participation à des compétitions sportives (c. sport. art. L. 221-2 et L. 221-8).

Grâce à la CIP, le salarié bénéficie d'un aménagement de ses horaires de travail afin d'être mis à disposition de sa fédération, tout en conservant sa rémunération habituelle. Par exemple, il passe 50 % de son temps de travail dans l'entreprise et les 50 % restant auprès de sa fédération, sans perte de salaire. L'employeur peut bénéficier d'une aide financière de l'État pour compenser le « manque à gagner ».

Le CSE, s'il existe, doit être consulté préalablement à la conclusion de la convention et informé de ses conditions d'application (c. sport. art. L. 221-8 ; c. trav. art. L. 2312-80).

Mécénat de compétences. - Le mécénat de compétences permet à l'entreprise, qui met un salarié sportif de haut niveau à disposition d'une fédération sportive gratuitement de bénéficier d'une réduction d'impôt au titre de ce don en nature. Le don correspond au coût salarial de la mise à disposition, sur la base de la rémunération brute du salarié et des charges sociales, dans la limite de 3 fois le plafond annuel de la sécurité sociale. La réduction d'impôt s'élève à 60 % du don, limité à 5 ‰ du chiffre d’affaires HT annuel de l'entreprise (CGI art. 238 bis ; BOFIP n° BOI-BIC-RICI-20-30).

Parution: 11/2024
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