La pire chose serait de fixer les mêmes objectifs à tous les membres de son équipe sous prétexte qu’ils ont la même fiche de poste et donc les mêmes responsabilités. Chaque collaborateur mérite des objectifs correspondant à ce dont il a besoin et qui le motivent. Être équitable permettra de le retenir.
À celui qui a besoin d’être stimulé, on proposera des défis et des challenges ambitieux. Si le besoin est d’être reconnu, il faudra des mises en situation visibles et souligner toutes les qualités. Ne pas considérer ces besoins conduira probablement à perdre ce collaborateur frustré qui répondra sans doute aux sollicitations externes. À celui qui manque de confiance en lui, il faudra proposer des opportunités de constater et consolider ses compétences. Quant à celui, qui tout en étant professionnel et engagé montre moins, voire pas d’ambition - son rapport à son travail étant peut-être différent (il considère plus son job comme alimentaire, il a des activités extraprofessionnelles prenantes et besoin de disponibilité, ou un contexte familial compliqué à gérer qui lui prend toute son énergie) - on proposera des objectifs cohérents avec son poste et ses attentes. Enfin, la fixation des objectifs de celui qui est désengagé est l’occasion de parler de ses motivations dans son poste, peut-être de revoir la répartition de certaines tâches dans l’équipe ou d’envisager une mobilité.
Le manager doit aussi, de manière plus spécifique, se poser la question d'appliquer cette notion des « objectifs sur mesure » à la diversité. En théorie, il semble évident qu’il faut adapter les postes de travail d’une personne présentant un handicap, et donc de la même façon ses objectifs. Pourtant, encore faut-il être informé du handicap du collaborateur (bien sûr la situation varie en fonction du type de handicap). Le manager n’a pas toujours connaissance des contraintes physiques ou mentales de ses collaborateurs, le secret médical ou la crainte d’être discriminé pouvant induire que les choses ne soient pas dites clairement. Comment alors être juste tout en préservant un esprit d’équipe, d’entraide et d’équité (des échanges avec les RH pourront souvent aider) ?
À FAIRE dans tous les cas. 1°/ Focalisez-vous sur les critères « réalistes » et « atteignables » des objectifs SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporel). Appuyez-vous sur votre collaborateur : au-delà de fixer les objectifs, assurez-vous qu’il se sent en capacité de les atteindre. Posez-lui des questions. Par exemple, qu'il se positionne sur une échelle de 1 à 10, puis exprime comment il compte s’y prendre et quelles difficultés il pense rencontrer.
2°/ Partez des suggestions du collaborateur plutôt que d’imposer vos objectifs, ce pour au moins deux raisons : vous serez davantage assuré qu’il les aura en tête et qu’il sera motivé pour les atteindre.
3°/ Misez sur la transparence et le collaboratif en mettant en place un atelier de partage des objectifs et des priorités au niveau de l’entité où chacun va exprimer sa contribution, ses objectifs individuels et avec un temps d’identification des personnes qui peuvent être ressource et aider à les atteindre, dans une logique de réciprocité.
Attention. Tous les collaborateurs n'ont pas le même rapport aux objectifs. Il vous faut prendre en compte le stress que vont générer les objectifs que vous leur fixez. Ce stress résulte du décalage qu'ils perçoivent entre les contraintes et les ressources perçues pour faire face à la situation donnée. Le niveau d’expérience du collaborateur, ses compétences et son tempérament auront un impact direct sur l’un voire sur les deux côtés de cette balance. Par exemple, un collaborateur qui répond à un appel d’offres pour la première fois risque de se sentir particulièrement stressé alors que celui qui a répondu à plusieurs dizaines d'appels, et qui en plus est stimulé par la compétition, se sentira au contraire porté par un certain enthousiasme. D'ailleurs, s’ils travaillent ensemble, ils risquent de ne pas se comprendre.