Impression personnalisée

Sélectionnez les paragraphes que vous désirez imprimer

Licenciement

Indemnité de licenciement : 3 points de vigilance

À l'occasion du calcul de l'indemnité de licenciement, diverses questions se posent. Préavis, temps partiel, maladie du salarié : la vigilance s'impose.

❶ Dispense ou exécution du préavis

Droit à l'indemnité après 8 mois d'ancienneté. - Un salarié comptant 8 mois d’ancienneté ininterrompue peut prétendre à l’indemnité légale de licenciement (hors licenciement pour faute grave) (c. trav. art. L. 1234-9). Les périodes de suspension de son contrat de travail n'interrompent pas l'ancienneté, mais elles ne sont pas prises en compte « dans l’ancienneté qu’il a acquise » ou pour le calcul de cette durée d’ancienneté (ex. : arrêt de maladie non professionnelle) (c. trav. art. L. 1234-11 ; cass. soc. 16 septembre 2009, n° 08-41999 D), sauf assimilation légale ou conventionnelle à du temps de travail (ex. : accident du travail, congé de paternité) (c. trav. art. L. 1225-35-2 et L. 1226-7).

À noter

Il y a parfois lieu à une « reprise d’ancienneté » : clause du contrat de travail, embauche en CDI d’un CDD, apprenti, intérimaire, stagiaire (c. trav. art. L. 1243-11, L. 6222-16, L. 1251-38 et L. 1221-24).

L'ancienneté s’apprécie au jour de l’envoi de la lettre notifiant le licenciement (cass. soc. 11 janvier 2007, n° 04-45250, BC V n° 3). Par conséquent, si l'employeur envoie la notification avant que le salarié ait l'ancienneté requise dans l'entreprise (2 ans à l'époque des faits), celui-ci ne peut pas prétendre à l'indemnité légale (cass. soc. 26 septembre 2006, n° 05-43841, BC V n° 288). Peu importe que le salarié exécute son préavis ou qu’il en soit dispensé en tout ou partie.

Calcul de l'indemnité. - Le montant de l’indemnité de licenciement est calculé en fonction de l’ancienneté du salarié à la date d’expiration du contrat, c'est-à-dire à l'expiration normale du préavis. Peu importe que le salarié exécute son préavis ou que l'employeur l'en ait dispensé (cass. soc. 22 juin 2011, n° 09-68762, BC V n° 160). Il n'est pas nécessaire pour cela que la convention collective prévoie expressément que le temps de préavis est pris en compte pour calculer l'indemnité de licenciement (cass. soc. 25 octobre 2023, n° 21-24521 D).

En revanche, les salaires versés durant le préavis ne sont pas compris dans la base de calcul de l'indemnité (voir en fin d'article).

À noter que si le salarié commet une faute grave durant le préavis, l'indemnité de licenciement lui reste due (cass. soc. 23 octobre 1991, n° 88-43008, BC V n° 430). Son montant est alors calculé en fonction de l’ancienneté à date de la faute (cass. soc. 11 septembre 2019, n° 18-12606 FPB).

❷ Temps partiel/temps plein

Ancienneté. - Un salarié à temps partiel bénéficiant des mêmes droits que ses collègues à temps plein, sous réserve de modalités spécifiques prévues par une convention ou un accord collectif, il acquiert la même ancienneté qu'eux (c. trav. art. L. 3123-5). Le fait que, durant sa carrière, il ait été tantôt à temps partiel tantôt à temps plein ne joue pas sur son ancienneté.

Calcul de l'indemnité. - Le calcul est le même que le salarié soit à temps partiel ou à temps plein. Toutefois, lorsque le salarié a été successivement employé à temps plein et à temps partiel dans l’entreprise, l’indemnité est calculée proportionnellement aux rémunérations perçues lors des périodes d’emploi effectuées selon l’une et l’autre de ces modalités (c. trav. art. L. 3123-5 ; cass. soc. 16 février 1994, n° 90-40362 D).

Le calcul de l'indemnité ne tient pas uniquement compte de la situation au moment de la rupture du contrat de travail (cass. soc. 4 janvier 2000, n° 97-44923, BC V n° 10).

Exemple

Un salarié qui a travaillé 5 ans à temps plein, puis 3 ans à temps partiel, a droit à 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté (c. trav. art. R. 1234-2). Compte tenu du temps partiel, le salaire de référence de calcul de l’indemnité est de 1 100 € pour 20 h hebdomadaires (1 925 € en équivalent temps plein 35 h). L’indemnité est égale à : 1 925 € X 5 X 1/4 = 2 406,25 € (années à temps plein) et 1 100 € X 3 X 1/4 = 825 € (années à temps partiel), soit une indemnité de 3 231,25 €.

Vigilance spéciale : le congé parental d'éducation (CPE)

L'ancienneté (c. trav. art. L. 1225-54) :

-prise en compte pour moitié de la durée du CPE total dans la détermination des avantages liés à l'ancienneté ;

-acquisition normale de l'ancienneté en cas de CPE à temps partiel (réduction du temps de travail dans le cadre du CPE).

Le calcul de l'indemnité. Lorsqu’un salarié embauché à temps plein est licencié pendant son CPE à temps partiel, la règle selon laquelle son indemnité de licenciement est calculée en tout ou partie sur la base de sa rémunération à temps partiel ne s'applique pas (c. trav. art. L. 3123-5 ; cass. soc. 11 juillet 2018, n° 16-27825 FSPB ; CJUE, 8 mai 2019, aff. C-486/18). Dans ce cas, le salaire pris en compte pour chiffrer l'indemnité légale de licenciement doit être calculé sur la base de la rémunération à temps plein du salarié (cass. soc. 18 mars 2020, n° 16-27825 FPB ; cass. soc. 14 avril 2021, n° 19-21508 D) (1).

(1) À notre sens, la même logique devrait s’appliquer à un salarié à temps partiel réduisant sa durée du travail dans le cadre d’un CPE à temps partiel : il faudrait retenir la rémunération correspondant à sa durée du travail d’origine.

❸ Arrêt maladie

Pour la prise en compte de l'arrêt maladie non professionnelle dans l'ancienneté, voir en début d'article.

Principe de calcul. - Pour calculer l’indemnité, l’employeur prend comme salaire de référence, le plus avantageux pour le salarié entre (c. trav. art. L. 1234-9 et R. 1234-4 ; voir Dictionnaire Social, « Indemnité de licenciement ») :

-soit 1/12 de la rémunération des 12 derniers mois précédant le licenciement (en cas d'ancienneté < à 12 mois, cette moyenne se calcule sur l'ensemble des mois précédant le licenciement) ;

-soit 1/3 des 3 derniers mois de salaire (prime ou gratification annuelle ou exceptionnelle, versée dans cette période, prise en compte au prorata).

En pratique, le calcul se fait « sur les 12 ou sur les 3 derniers mois précédant le licenciement » (cass. soc. 11 mars 2009, n° 07-42209 D), c’est-à-dire sur les 12 ou 3 mois précédant la notification du licenciement.

Attention, l'indemnité se calcule sur la base de la rémunération que le salarié aurait dû percevoir et non sur celle effectivement perçue du fait des manquements de l'employeur à ses obligations (ici 8000 € d'heures supplémentaires que l'employeur a été condamné à payer) (cass. soc. 15 mars 2023, n° 21-16057 FSB).

Absence maladie non professionnelle. - L’employeur retient le salaire brut habituel (parties fixe et variable de la rémunération). Lorsque le salaire s’est trouvé réduit au cours de la période de référence du fait de la maladie, il doit se référer à ce que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé normalement (cass. soc. 3 novembre 1993, n° 92-40365 D). D'ailleurs, si le salarié est en arrêt maladie au moment de son licenciement, les salaires de référence pris en compte pour calculer son indemnité sont ceux perçus avant l’arrêt de travail (cass. soc. 23 mai 2017, n° 15-22223, BC V n° 90).

Les cas particuliers

Indemnité conventionnelle de licenciement : les règles de l'indemnité légale sont généralement transposables, mais il faut se reporter à la convention collective applicable (voir Dictionnaire Social, « Indemnité de licenciement »).

Exemple : la règle de proportionnalité applicable à un salarié successivement à temps partiel et à temps plein s'applique à l’indemnité conventionnelle de licenciement (cass. soc. 16 avril 2015, n° 13-27905 D), hormis pour un plafond forfaitaire de cette indemnité (cass. soc. 26 septembre 2018, n° 17-11102 FSPB).

Licenciements spécifiques : des règles spécifiques s'appliquent dans certains cas comme le licenciement pour inaptitude [voir Dictionnaire Social, « Inaptitude (indemnité de licenciement) »].

Parution: 01/2024
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Groupe Revue Fiduciaire 2026. Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.