En période troublée ou de forte incertitude, le cadre rassure car il permet de reprendre du contrôle sur la situation. Un manager peut proposer un cadre sans l’imposer et surtout laisser de la marge de manœuvre sur la façon de faire. Tout est une question d’état d’esprit. Si le souhait est de mobiliser son équipe, il suffit de mettre en place un cadre minimaliste qui permet à chacun de trouver son espace de contribution.
Témoignage client. Camille pilote une équipe de 4 personnes qui programment des travaux. Elle demande un coaching pour pouvoir s’affirmer et accompagner son équipe en prenant de la hauteur et de la distance par rapport à l’opérationnel. Rapidement, elle met ainsi en place des délégations pendant ses absences en informant chacun de ses collaborateurs de ses prérogatives quand elle n’est pas là (elle part en formation plusieurs jours chaque mois pendant 1 an). Elle constate qu’elle reçoit peu de mails et d’appels urgents car chacun se sent responsabilisé. Dès la troisième séance de coaching, elle se rend compte qu’elle explique les choses de manière plus explicite et donne des deadlines précises quand elle confie de nouveaux sujets. Elle décide aussi d’assister au premier quart d’heure d’une réunion pour porter un sujet et ainsi sécuriser son collaborateur pour ensuite lui laisser la main sur la réunion. Lors d’une réunion d’équipe alors que les points de vue sont très éloignés, Camille commence par écouter attentivement sans donner son avis de manière tranchée. Elle rend ainsi possible le cadre d’échanges nourris, d’émulation et de synergies dans son équipe. En étant garante d’un cadre de dialogue respectueux et constructif, elle réussit à rendre l’échange efficace. En posant un cadre temporalisé en proposant quelques jalons, elle limite le risque d’absence d’échéance claire. Par ailleurs, elle se montre également plus assertive avec sa manager, qui peut basculer dans une forme de micro-management, en lui faisant valider les périmètres de ses collaborateurs et en discutant plus directement des priorités de son service avec elle. Si au début, Camille a eu peur de brider son équipe, elle s’est rendu compte que le cadre ne l’empêchait pas de laisser des marges de manœuvre et de faire fonctionner l’intelligence collective sur des sujets complexes. S’affirmer en posant un cadre la rend plus efficace dans son rôle vis-à-vis de son équipe et aussi de sa hiérarchie.
Faire preuve de courage managérial passe par le fait de poser un cadre de travail et de le faire respecter par ses collaborateurs. Ne rien faire ou ne rien dire revient à laisser le système (donc le collectif humain) s’autoréguler, ce qui peut être plus violent pour les membres de l’équipe. Il faut raisonner à moyen et long terme et prendre le risque de ne pas être aimé/apprécié à court terme. On se souviendra en « mal » du manager qui laissait l’équipe s’autogérer, fermait les yeux sur les dysfonctionnements…, on gardera en mémoire qu’il ne faisait pas le job. On se souviendra en « bien » du manager qui a permis de passer un cap, d'évoluer et prendre de nouvelles responsabilités, même s’il a été directif en guidant sur ce qu’il faut faire et éviter de faire, dès lors qu'il a été juste, efficace, humain. Le plus apprécié des deux n’a peut-être pas été le plus « cool ».
Se montrer authentique et fidèle à ses valeurs (voir RF Social n° 226, « Rester un manager authentique tout en incarnant la fonction ») pousse à imaginer un cadre respectueux. Agissez avec générosité et pensez aux autres quand vous fixez un cadre, et vous constaterez que cela vous reviendra en boomerang avec des collaborateurs engagés et derrière vous en cas de difficulté. Si en revanche, vous ne raisonnez que pour sécuriser les choses, rajouter des contraintes (inutiles) et rendre votre métier de manager confortable vous risquez de constater que votre équipe a décroché et que vous vous retrouvez certes à la barre mais bien seul !