Frais de transport domicile-travail des salariés
Mesures exceptionnelles reconduites en 2024. - La loi de finances (LF) reconduit pour 2024 les mesures exceptionnelles « frais de transport domicile-lieu de travail » applicables en 2022 et 2023 [loi 2023-1322 du 29 décembre 2023, JO du 30 (LF), art. 29 ; voir Dictionnaire Social, « Participation aux frais de transport »].
Ainsi, l'employeur qui va au-delà de la prise en charge obligatoire de 50 % des frais d'abonnement aux transports publics ou à des services publics de location de vélos continue de bénéficier en 2024, sur cette prise en charge facultative, des avantages fiscaux et sociaux accordés à la prise en charge obligatoire, dans la limite de 25 % du prix des titres d'abonnement (loi 2022-1157 du 16 août 2022, art. 2, III, JO du 17). En pratique, la prise en charge reste exonérée d'impôt sur le revenu, de cotisations et de CSG/CRDS jusqu'à 75 % de la valeur du titre de transport sur 2024.
Concernant la « prime transport » et le forfait mobilités durables, en 2024, le plafond global d'exonération reste encore par dérogation de 700 € (au lieu de 500 €) par an et par salarié, dont 400 € (au lieu de 200 €) maximum pour les frais de carburant au sens strict (essence, diesel).
À noter
En Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et à Mayotte, le plafond est de 900 €, dont 600 € pour les frais de carburant.
Par dérogation, les salariés pouvant utiliser les transports en commun qui engagent des frais de carburant ou des frais d'alimentation de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hydrogène pour leurs déplacements entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail demeurent éligibles à la « prime transport » une année de plus.
Enfin, le cumul de la « prime transport » avec la prise en charge obligatoire de 50 % des titres d’abonnement aux transports publics de personnes ou de services publics de location de vélos perdure en 2024.
Limites d'exonération à partir de 2025. - À partir de 2025, les mesures exceptionnelles ci-dessus ne seront plus applicables. Néanmoins, la LF majore de 100 € les plafonds d’exonération de droit commun (impôt sur le revenu, cotisations, CSG/CRDS).
Ainsi, le plafond d'exonération global de la « prime transport » et du forfait mobilités durables passera à 600 € (au lieu de 500 €) par salarié et par an, dont 300 € maximum (au lieu de 200 €) pour les frais de carburant (essence, diesel) (LF art. 7).
Par ailleurs, le plafond d'exonération applicable en cas de cumul forfait mobilités durables/prise en charge obligatoire des frais de transport publics ou de services publics de location de vélos passera de 800 € à 900 € par salarié et par an. L'exonération restera limitée au montant de la prise en charge obligatoire si celle-ci dépasse 900 € (800 € aujourd'hui).
Service de location de vélos. - La LFSS prévoyait qu'à compter du 1er juillet 2024, les employeurs devraient également participer à hauteur de 50 % aux frais d’abonnement aux services privés de location de vélos engagés par leurs salariés pour leurs déplacements domicile-lieu de travail (LFSS art. 22).
Le Conseil constitutionnel a censuré cette mesure à titre de « cavalier social », car ne relevant pas du domaine des lois de financement de la sécurité sociale (c. constit., décision 2023-860 DC du 21 décembre 2023). Elle pourra donc être réintroduite dans une autre loi.
En attendant, seule la prise en charge de 50 % aux frais d’abonnement à des services publics de location de vélos reste obligatoire (c. trav. art. L. 3261-2).