Reprise du paiement du salaire. - Lorsqu'un mois après la déclaration d'inaptitude, l’employeur n’a ni reclassé le salarié, ni rompu son contrat de travail, il doit recommencer à lui verser son salaire, y compris en cas d'inaptitude à tout emploi (c. trav. art. L. 1226-4-2 et L. 1226-20).
Ce délai débute dès que le médecin du travail a délivré son avis d'inaptitude(c. trav. art. L. 1226-4 et L. 1226-11) et n'est pas suspendu par une prolongation de l'arrêt de travail du salarié ou un nouvel arrêt (cass. soc. 19 janvier 2005, n° 03-41479, BC V n° 8 ; cass. soc. 8 juillet 2020, n° 19-14006 D).
Salaire maintenu. - L'employeur verse le salaire du poste occupé avant la suspension du CDD en tenant compte de l'ensemble des éléments constituant la rémunération et que le salarié aurait perçus s'il avait travaillé (cass. soc. 5 mai 2021, n° 19-22456 D). Ce paiement ne peut pas être remplacé par le versement d'une indemnité compensatrice de congés payés (cass. soc. 3 juillet 2013, n° 11-23687, BC V n° 177).
Ne pas attendre la fin du CDD. - Quelle que soit la durée du CDD, et même s'il arrive bientôt à son terme, l'employeur doit chercher un reclassement sauf si l'avis du médecin du travail l'en dispense. Il ne suffit pas d'attendre la fin du contrat en reprenant le versement de la rémunération.
À défaut, l'employeur méconnaîtrait l'obligation de reclassement qui s'applique en toutes circonstances et qui lui interdit, par exemple, d’attendre qu'un salarié inapte parte en retraite (cass. soc. 3 mai 2006, n° 04-40721, BC V n° 159). À notre sens, selon la même logique, l’entreprise ne peut pas laisser le CDD aller jusqu'à son terme sans chercher à reclasser le salarié.
Enfin, précisons que si l'employeur rompt le CDD avant son terme, sans avoir cherché à reclasser le salarié, il risque d’être condamné à verser des dommages et intérêts la rupture étant abusive (c. trav. art. L. 1243-4).