Un peu comme le leadership ou les qualités managériales, on peut se demander si la résilience est totalement innée ou acquise. Une chose est certaine, comme face à la douleur, nous ne sommes pas tous égaux. Les déterminants tiennent à des caractéristiques individuelles (dont la génétique compte pour environ 50 %) mais aussi à des dimensions familiales et sociales.
Quelques définitions. Au sens physique la résilience est une capacité de résistance aux chocs des matériaux. Au sens figuré, elle indique le fait qu’une personne ne se laisse pas abattre. En effet, elle correspond, selon Boris Cyrulnik, à une capacité d’adaptation d’un individu qui a vécu un traumatisme. Cela n’efface rien mais permet de supporter et de continuer à vivre pleinement. Quid de la résilience au travail ? Elle est mesurée en entreprise depuis 2011, par la psychologue organisationnelle Kathryn McEwen et le Dr Peter Winwood, comme capacité́ d’un individu à gérer le stress quotidien dans l’environnement professionnel et à rester en bonne santé́, à rebondir et tirer les leçons des revers inattendus et à préparer proactivement les challenges à venir. Elle repose ainsi sur 4 piliers : l’authenticité, l’adaptabilité, la santé et la collaboration.
Si la résilience permet d’être proactif et de s’adapter y compris dans des contextes difficiles, elle est donc étroitement liée à la notion de stress qui renvoie elle aussi à différentes réalités puisque le stress désigne à la fois un facteur déclencheur, une réaction et sa conséquence physiologique.
Définition du stress selon l'Accord national interprofessionnel (ANI) du 2 juillet 2008 : « Un état de stress survient lorsqu’il y a un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. L’individu est capable de gérer la pression à court terme mais il éprouve de grandes difficultés face à une exposition prolongée ou répétée à des pressions intenses ».
Gérer notre stress (perçu) suppose de trouver des stratégies qui sont bonnes pour notre santé et pour l’efficacité et notamment de se confronter aux situations difficiles plutôt que les éviter. Ainsi, on peut dire que s’adapter revient à adapter son comportement à la situation en trouvant des ressources (internes et/ou externes) afin de faire différemment de ce que nous faisions intuitivement ou par habitude. Plus on est confronté à des situations stressantes, plus on apprend à s’adapter et donc plus on développe une forme de résilience. S’interdire de changer quoi que ce soit, revient à se laisser vieillir prématurément… et ce n’est pas une question d’âge mais bien d’état d’esprit !