Questionner le salarié. - L’employeur qui veut mettre un salarié à la retraite doit l'interroger chaque année sur son intention de quitter volontairement l’entreprise pour bénéficier d’une pension de vieillesse durant l’année à venir (c. trav. art. L. 1237-5 et D. 1237-2-1). Cela vaut pour les salariés de 65 ans (cet âge étant progressivement relevé à 67 ans) à moins de 70 ans. À partir de 70 ans, l’employeur n'a plus à interroger le salarié avant de le mettre à la retraite, sauf si la convention collective prévoit l'inverse.
Cette question doit être posée au salarié, au moins 3 mois avant qu’il atteigne l‘âge d’obtention automatique du taux plein, soit aux 65e, 66e, 67e, 68e et 69e anniversaires. Le salarié dispose d'un mois pour répondre à l'employeur. S'il répond non, aucune mise à la retraite ne peut avoir lieu dans l’année qui suit (c. trav. art. L. 1237-5 et D. 1237-2-1).
Lorsque le salarié a répondu non et que l'employeur envisage toujours de le mettre à la retraite, il doit le questionner chaque année jusqu’à son 69e anniversaire. Si l'employeur ne pose pas la question une année, cela l'empêche de mettre le salarié à la retraite cette année-là.
Notifier la mise à la retraite. - L’employeur qui met à la retraite un salarié ayant donné son accord n’a pas à motiver sa décision. Il lui est conseillé, pour des raisons de preuve de notifier cette décision par écrit au salarié en précisant qu’il s’agit d’une mise à la retraite, que le salarié remplit les conditions requises et qu’il a donné son accord.
Mise à la retraite d'un représentant du personnel. - Lorsque l'employeur veut mettre à la retraite un salarié protégé (ex. : membre élu du CSE), il doit respecter la procédure de licenciement des représentants du personnel (CE 8 février 1995, n° 135249 ; guide DGT, septembre 2019, fiche 12). Il lui faut donc convoquer l’intéressé à un entretien préalable, consulter le CSE (sauf pour les délégués syndicaux et salariés protégés relevant du même régime protecteur) et saisir l’inspecteur du travail (voir Dictionnaire Social, « Licenciement des représentants du personnel »). Cela s'impose même si le salarié remplit les conditions d’ouverture du droit au versement d’une pension de vieillesse à taux plein (cass. soc. 2 décembre 1998, n° 96-44668, BC V n° 234).