Plusieurs caractéristiques permettent de décrire les attentes des collaborateurs en termes de management. D’abord, il est souhaité que le manager s’adapte à ses collaborateurs et non l’inverse. Pourtant, certains managers « à l’ancienne » considèrent qu’ils sont comme ils sont et que c'est aux collaborateurs de faire avec. Ainsi, il convient d’ajuster son management au niveau d’expérience, aux motivations, au mode de fonctionnement de ses collaborateurs. C’est d’ailleurs pourquoi les outils de connaissance de soi comme le DISC ou le MBTI se sont autant développés (voir encadré). En effet, ces outils permettent de comprendre comment on fonctionne et de mieux interagir avec les autres en adaptant sa communication.
En complément de ce management adaptatif, vient ensuite une attente en termes de confiance, entre le manager et les membres de son équipe, et de flexibilité. En cela le management hybride a révolutionné les manières de faire. La confiance est devenue incontournable, tout comme se rendre disponible et surtout s’intéresser à ses collaborateurs, à ce qu’ils vivent, à ce qu’ils souhaitent comme équilibre de vie professionnelle/personnelle. Si ces attentes ne sont pas considérées, ce sera une sanction immédiate, au travers d’une démission ou pire, car plus sournois, du désengagement ou de l’absentéisme. Or, un décalage s’opère parfois entre des demandes qui sont considérées comme originales pour une génération de managers qui avait tendance à faire passer son travail avant tout et qui sont juste indiscutables pour les nouvelles générations. Ainsi, toutes les aspirations en lien avec le temps de travail sont à considérer avec beaucoup d’attention : les demandes de congés sabbatiques pour faire le tour du monde, de congés en dehors des périodes scolaires tant que la contrainte des enfants n’existe pas, de temps partiel, de congé parental ou même de formation très spécifique pour préparer une reconversion…
Attention. Ces demandes d’aménagement du temps de travail, perturbantes pour des managers sur-engagés, ne traduisent pourtant pas systématiquement un désintérêt pour son travail. En effet, cela correspond plutôt à un mode de vie de jeunes qui, rappelons-le, ont vu leurs parents surinvestis sans que l’entreprise ne valorise, par la suite, cet engagement. Ainsi, cette nouvelle façon d’appréhender les choses est probablement une nouvelle voie vers une vie plus équilibrée. En effet, ils seront peut-être davantage protégés des conséquences possibles d’un sur-engagement au travail : sur-stress, comportements rigides et manque d’adaptabilité, burn-out, décompensation au moment de la retraite, etc. Considérer que les jeunes générations ne veulent pas travailler serait un préjugé qui témoigne d’un manque d’ouverture et d’empathie. Or, comme tout préjugé, il peut nuire à la relation managériale voire plus globalement à la relation professionnelle.
De plus, pour aller au-delà de la confiance, le manager « moderne » est un manager qui responsabilise. Il identifie un potentiel et confie des responsabilités en mettant en situation.
Qui dit manager « moderne » dit leader qui embarque avec un vrai projet qui donne du sens au fait de se lever tous les matins. Il sait articuler le collectif et l’individuel. Il célèbre les succès et remercie de différentes façons y compris par sms ou au travers d’applications de feedback suivant la culture de l’entreprise. Il ne fait pas que relayer la stratégie mais il la porte en embarquant véritablement. Il répond en permanence à la préoccupation de l’utilité (y compris sociale, ce fameux « social calling ») car le temps est révolu d’avoir dans ses équipes des collaborateurs qui exécutent les demandes de leur management sans trop se poser de questions. Ils challengent tout : la stratégie, l’intérêt d’une tâche pour l’entreprise ou pour son développement de carrière ou encore le tempo des changements.
Quelques mots sur le DISC
Le DISC est basé sur les recherches du psychologue W.M. Marston, il permet de prendre conscience de son principal style (souvent des 2 principaux) parmi 4 que sont Dominance (rouge), Influence (jaune), Stabilité (vert) et Conformité (bleu). Plus conscient de son mode de fonctionnement et en capacité de repérer les préférences comportementales de ses collaborateurs et collègues, cet outil permet au manager d’ajuster sa communication en fonction de ses interlocuteurs.