Manager suppose avant tout une aptitude à gérer l’humain, ce qui décourage certains qui ne pensaient pas devoir autant « faire du social » comme ils disent. En effet, manager suppose de traiter des sujets que certains nommeront « RH », d’autres « humains » : valider des congés, encourager des souhaits d’évolution, aider à dépasser les difficultés à prendre de la hauteur ou à atteindre ses objectifs, accompagner, gérer des tensions voire des conflits, restaurer une bonne ambiance de travail, recadrer des comportements inappropriés, faire changer en adressant toute forme de résistance au changement ou d’émotions négatives (ex. : peur de ne pas réussir à dépasser), assurer les traditionnels entretiens annuels et du feedback en continu…
Si l’idée d’avoir des journées remplies de ces sujets vous angoisse, vous n’êtes peut-être pas prêt à devenir manager. Pour commencer, certains choisiront peut-être de trouver un job combinant opérationnel et management.
Plus globalement progresser en management, c’est être capable de transformer la performance d’une équipe (quelle qu’elle soit) pour en tirer le meilleur. C’est aussi être capable de transformer les manières de faire pour atteindre les enjeux stratégiques, traduisant la stratégie en action en la rendant opérationnelle. Ainsi, manager suppose une bonne dose de leadership et une posture de manager coach en plus de la posture boss qui cadre, organise et structure.
Les managers qui adorent leur métier partagent souvent leur fierté d’avoir boosté l’énergie au sein de leur équipe avec un avant et un après. Certains sont soulagés de pouvoir partir sereins après avoir redressé une situation en quelques mois ou le temps de leur poste (2, 3 ans). Ils ont mis en place des process indispensables, ont structuré l’activité, mis les bonnes personnes au bon endroit. Parfois, ils se réjouissent d’avoir accompagné telle collaboratrice qui a pris confiance en elle et qui a postulé à un job d’un niveau supérieur, tel collaborateur qui a grandi dans sa fonction ou tel autre, plutôt timide et introverti, qui a su sortir de sa zone de confort pour oser prendre des initiatives et proposer des améliorations à l’équipe.
Oui, manager est une vocation. Tout le monde n’en a pas forcément envie et n’est pas forcément fait pour cela. Beaucoup de jeunes managers (ou moins jeunes) souffrent du syndrome de l’imposteur. Ils doutent de leur capacité à réussir même s’ils aiment ce qu’ils font. En effet, exercer des fonctions managériales suppose beaucoup de finesse, d’analyse, de capacité à se remettre en cause lorsque cela ne fonctionne pas comme on voudrait. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les premiers postes de management sont (dans les entreprises qui se donnent les moyens) accompagnés d’un parcours de formation et/ou d’un coaching de prise de fonction.
À RÉFLÉCHIR. Vous projetez-vous quand vous lisez cet article ou bien avez-vous juste envie de prendre vos jambes à votre cou ? Qu’est-ce qui vous motiverait à accepter cette promotion ? Quels sont vos atouts pour réussir comme manager ? Sur quoi devrez-vous travailler : votre impatience, votre pédagogie, votre niveau d’exigence, votre leadership ? Seriez-vous plus heureux si vous étiez manager ?