Impression personnalisée

Sélectionnez les paragraphes que vous désirez imprimer

Management

Miser sur la jeunesse : investir pour demain

Sandrine Caillé

Sandrine Caillé

Human Transfo

https://human-transfo.com/

Sandrine Caillé, fondatrice de Human Transfo, accompagne les changements individuels et collectifs et rend accessible la complexité humaine. Consultante depuis 22 ans, elle permet d’atteindre les enjeux business en focalisant l’attention sur les comportements indispensables. Son approche du changement consiste à mobiliser à tous les niveaux hiérarchiques

À un moment où recruter devient de plus en plus difficile, il est temps de raisonner autrement. Se constituer un vivier de jeunes à qui on a fait découvrir l’entreprise pour, peut-être, si tout se passe bien, permettre un attachement réciproque et un lien durable…

Stagiaires ou alternants comment choisir ?

Comme souvent, la recommandation est de choisir en fonction de vos objectifs. Vous avez besoin d’une personne pour une mission très particulière comme l’organisation d’un événement, un stage est sûrement plus adapté. Vous cherchez un jeune à embaucher ou vous avez un périmètre large recouvrant plusieurs activités, un alternant ou un stage long est à privilégier. Dans les deux cas, stage ou alternance, vous faites découvrir le monde de l’entreprise à un jeune et vous lui permettez de faire ses premières armes en complétant son apprentissage par la pratique en lien avec les enseignements théoriques dispensés dans son cursus de formation.

À noter

Un stage de fin d’étude ou une alternance sont de super tremplins avant une proposition d’embauche. Les jeunes qui découvrent le monde de l’entreprise dans votre société sont des ambassadeurs de votre marque mais aussi de votre culture d’entreprise. De plus, il peut être intéressant de former un jeune collaborateur à vos propres méthodes plutôt que d’accueillir des collaborateurs qui ont déjà acquis une certaine expérience du métier et potentiellement une certaine rigidité en termes de manière de faire.

Gardez en tête que dans les deux cas vous avez un devoir de formation. Il convient donc de bien prévoir du temps disponible pour le tuteur / maître de stage et que cela fasse partie de ses missions de l’année. Si c’est une première expérience, tester quelques écoles est un plus pour ensuite mettre en place des partenariats plus durables si cela fonctionne.

La partie administrative peut également prendre un peu de temps, notamment dans le cadre de l’apprentissage, mieux vaut donc anticiper. En effet, il convient de prendre contact avec l’OPCO dont dépend l’entreprise. Plus vous anticipez, plus vous êtes sûrs de pouvoir démarrer vite car la partie sociale liée à l’apprentissage prend parfois du temps. Comme dans un recrutement, la convention collective fixe le cadre, notamment pour la rémunération ou les congés. Il suffit donc de suivre les consignes ou même d’être mieux disant si vous en avez les moyens.

Comment bien recruter ? À quoi être attentif ?

Comme pour un recrutement classique, faire la liste des qualités indispensables est recommandé. Plus que les compétences techniques, concentrez-vous sur l’humain : l’état d’esprit, la façon de communiquer et le relationnel. Demandez-vous si le jeune s’intégrera facilement à l’équipe, car son arrivée sera l’occasion de participer à une aventure collective.

Gardez en tête que les postulants sont en cours de formation. Dans apprenti, il y a « apprendre ». Ainsi, le jeune n’a peut-être pas toutes les compétences techniques, ni un niveau de maturité extraordinaire. À vous de révéler toutes ses potentialités sachant que vous n’êtes pas à l’abri de surprises que ce soit en termes de maturité ou d’impact ou encore d’autres talents développés notamment dans la vie extra-scolaire ! Ainsi, maximisez l’apprentissage, mettez en situation, proposez des missions aussi variées que possible, permettez la découverte de votre expertise et de ce qui fait votre différence.

À noter

Plus que l’âge c’est le niveau de maturité qui est à considérer. Vous pouvez creuser comment le jeune réfléchit en le mettant en situation. Plus encore que la maturité, le sujet essentiel est la motivation à la fois pour le poste et pour l’entreprise. Réussit-il à vous convaincre de sa motivation ?

À FAIRE. Quelques thèmes à challenger lors de l’entretien de recrutement : comment présente-t-il ses expériences professionnelles ? Son parcours de vie ? Ses hobbies ? En quoi toutes ses aptitudes peuvent-elles être mises au service de vos missions ? Ressentez-vous une personne curieuse avec une véritable envie d’apprendre, une personne pro-active ? Ambitieuse ? Toujours prête à donner un coup de main ? Avez-vous envie d’accompagner ce jeune un bout de chemin ?

Être attractif - Les pratiques attendues

Les jeunes sont souvent sensibles aux avantages des grandes entreprises comme l’existence d’un CSE ou le montant des titres-restaurant ou encore le niveau de modernité des locaux. Pourtant, la plupart du temps, le besoin de modernité s’exprime surtout d’un point de vue managérial avec deux critères essentiels : le niveau de considération et les perspectives. En effet, faites-vous une différence entre vos salariés et vos apprentis / stagiaires ou bien les considérez-vous comme des collaborateurs à part entière ? Les associez-vous aux réunions d’équipes ? Aux événements d’entreprise ? Aux enquêtes…

Par ailleurs, expliquez-vous dès le début les perspectives d’embauche et les conditions d’obtention d’un contrat en fin de stage / apprentissage ? Peu de temps avant la fin du contrat, proposez-vous un rdv bilan pour envisager l’avenir ? Jour après jour, prenez-vous le temps de donner de la visibilité sur les prochaines tâches / échéances ?

Plus le tuteur ou le maître de stage a été choisi pour sa pédagogie et sa disponibilité, plus l’expérience d’apprentissage peut se faire pour le jeune. Après deux années de situation sanitaire particulière, les jeunes ont eux aussi besoin de flexibilité. Le télétravail peut donc les motiver. Encore faut-il mesurer leur niveau d’autonomie et capacité à faire leurs tâches sans être en lien avec les autres personnes du service / de l’entreprise. Par flexibilité, il faut aussi s’interroger sur les horaires, en donnant la possibilité de commencer tôt pour finir tôt ou au contraire de commencer plus tard quand on est amené à finir tard le soir.

Même si le concept existe depuis plus de 20 ans, les jeunes générations se soucient probablement plus que leurs aînés de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Les mentalités doivent évoluer. Les entreprises qui sauront être souples et à l’écoute des situations personnelles feront la différence.

Enfin, être attractif dès l’annonce suppose de trouver une façon moderne de vous adresser aux jeunes (choix des mots, style rédactionnel). Il s’agit de leur donner envie de postuler chez vous.

Intégrer les jeunes et les manager

L’intégration est un vrai sujet, surtout dans ces périodes où le télétravail reste d’actualité et donc que toute une équipe est rarement réunie sur site. Tout commence par une première impression de l’accueil qui est réservé. Se sent-on considéré ? Utilisez le travail sur la marque employeur pour faire vivre une expérience agréable à votre stagiaire / alternant.

À noter

Les jeunes partagent entre eux sur ce qu’ils vivent. Soigner l’accueil de vos stagiaires et alternant c’est aussi soigner votre marque employeur.

La relation avec le tuteur / maître de stage est, vous l’aurez compris, absolument clé. Ce n’est pas juste un nom sur un document mais bel est bien un guide dans l’apprentissage. Une personne avec qui, le jeune doit se sentir en confiance pour exprimer à la fois ses satisfactions mais surtout ses doutes et incompréhensions, voire ses difficultés. Quelle que soit la taille de l’entreprise, le choix de la personne tutrice doit se faire avec soin. Idéalement les qualités d’écoute et de pédagogie sont à privilégier, plus que l’expérience, car il faut aussi avoir envie de transmettre ce que l’on sait et avoir une certaine patience, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Un temps d’accompagnement est indispensable chaque semaine et peut-être même chaque jour, une capacité à organiser le travail et anticiper les éventuelles difficultés est essentiel. Une capacité à déléguer est également clé. Analyser les forces et zones d’excellence pour les valoriser, et progressivement laisser de plus en plus de marge de manœuvre, permet de motiver. Plus vous mettrez les jeunes en condition de réussir et vous leur ferez confiance, plus ils pourront vous surprendre et vous montrer ce dont ils sont capables.

À FAIRE. Parier sur l’humain, la proximité, l’écoute, le dialogue, être attentif à ce que tout se passe bien, ne jamais rien considérer comme acquis ou comme évident car l’apprentissage passe par l’identification de ce que l’on ne maîtrise pas pour trouver les bonnes manières de faire.

Lorsque le profil idéal de tuteur a été trouvé, ajustez ses objectifs pour tenir compte du temps à consacrer à cette mission car il faut lui permettre de tenir son rôle dans de bonnes conditions.

Gardez en tête que les premières expériences professionnelles sont des moments intenses qui nous permettent de mettre en place tout notre référentiel d’efficacité. Il faut donner avant de recevoir. Faîtes preuve de générosité envers les jeunes et ils vous le rendront

Quoi de plus magique qu’un jeune qui prend confiance, s’épanouit et prend son envol ? Voir ses collaborateurs (quel que soit leur statut) s’épanouir et réussir, n’est-ce pas la plus belle des récompenses quand on manage ?

Parution: 03/2022
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Groupe Revue Fiduciaire 2026. Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.