C'est un droit. - Le salarié a le droit de demander à l'employeur qui vient de lui notifier son licenciement de préciser les motifs de cette rupture (c. trav. art. R. 1232-13 et R. 1233-2-2). Comment a-t-il connaissance de cette possibilité ?
Même si ce n'est pas une mention obligatoire, l'employeur peut avoir indiqué dans le courrier de licenciement que le salarié a le droit de lui demander des précisions sur les motifs de la rupture (CE 6 mai 2019, n° 417299). En pratique, il peut avoir intégré cette information dans ses courriers types de licenciement.
Sur ce point, les modèles « officiels » de lettres de licenciement comportent une mention en ce sens (mais il est possible de la retirer) (décret 2017-1820 du 29 décembre 2017, JO du 30) : « Vous pouvez faire une demande de précision des motifs du licenciement énoncés dans la présente lettre, dans les 15 jours suivant sa notification par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé. Nous avons la faculté d'y donner suite dans un délai de 15 jours après réception de votre demande, par LRAR ou remise contre récépissé. Nous pouvons également, le cas échéant et dans les mêmes formes, prendre l'initiative d'apporter des précisions à ces motifs dans un délai de 15 jours suivant la notification du licenciement ».
En tout état de cause, même si la lettre de licenciement ne fait pas état de la possibilité de demander des précisions, le salarié peut utiliser ce droit.
Le motif lui pose problème. - Lorsque le salarié ne comprend pas le motif qui figure dans sa lettre de licenciement il peut demander des précisions à l'employeur. Il doit le faire par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) ou par lettre remise en main propre contre décharge dans les 15 jours suivant la notification du licenciement (c. trav. art. R. 1232-13 et R. 1233-2-2).
Tous les licenciements sont concernés que le motif soit d'ordre personnel (disciplinaire ou non) ou économique.
Il « sécurise » un potentiel contentieux. - Le salarié qui n'a pas demandé à l’employeur de clarifier les raisons de la rupture ne peut pas invoquer ensuite une insuffisance de motivation devant les prud’hommes pour faire juger qu’il a été licencié sans cause réelle et sérieuse de ce fait (c. trav. art. L. 1235-2). Si les juges reconnaissaient néanmoins que le licenciement est insuffisamment motivé, le salarié ne pourrait se voir attribuer qu’une indemnité d’au plus un mois de salaire (celle prévue en cas d’irrégularité de procédure).
Lorsque le salarié a obtenu des précisions par l'employeur et remet en cause le caractère sérieux de son licenciement en justice, il peut contester la lettre de licenciement initiale et ses précisions ultérieures (c. trav. art. L. 1235-2). S'il obtient gain de cause, il peut prétendre à l'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse (c. trav. art. L. 1235-3 ; voir ci-après).