15 jours pour réfléchir. - Une fois les termes de la rupture négociés et la convention signée, l’employeur et le salarié ont chacun un délai de 15 jours calendaires pour se rétracter (c. trav. art. L. 1237-13). L'employeur qui regretterait sa décision à ce stade et déciderait de faire machine arrière peut se rétracter. Il doit alors s'assurer qu'il n'a pas dépassé le délai imparti. En effet, une fois passé ce délai, le salarié peut en toute légitimité adresser au DIRECCTE (ou à l'inspecteur du travail lorsqu'il s'agit d'un salarié protégé) le formulaire permettant d'homologuer la rupture conventionnelle et de la rendre effective.
Ce délai de réflexion débute le lendemain du jour de la signature de la convention de rupture et s’achève le 15e jour à minuit. Chaque jour du calendrier doit être pris en compte, même s'il s'agit d'un samedi, d'un dimanche, d'un jour férié ou chômé. Par contre, si le délai expire un des jours spécifiques précités, il est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant (circ. DGT 2008-11 du 2 juillet 2008 ; circ. DGT 2009-4 du 17 mars 2009). Par exemple, pour une convention signée le lundi 1er juillet 2019, le délai court à compter du mardi 2 juillet et s'achève le mardi 16 juillet à minuit.
Dans le cas particulier où l'employeur et le salarié n'auraient pas signé la convention le même jour (ce qui est déconseillé), on se base sur la date la plus tardive, c’est-à-dire celle à laquelle l'employeur et le salarié ont signé.
Marche à suivre pour se rétracter. - L'employeur qui décide de se rétracter doit en informer le salarié par courrier (c. trav. art. L. 1237-13), sans avoir à motiver sa décision.
En matière de calcul du respect du délai, c'est la date d’envoi du courrier de rétractation qui compte, même si le salarié le reçoit une fois le délai de 15 jours expiré (cass. soc. 14 février 2018, n° 17-10035 FSPB ; cass. soc. 19 juin 2019, n° 18-22897 D). L'employeur peut donc tout à fait envoyer son courrier de rétractation le dernier jour du délai de réflexion.
Il doit faire attention de bien l'adresser directement au salarié car la rétractation n’est pas valable si elle est envoyée uniquement à l’administration (cass. soc. 6 octobre 2015, n° 14-17539, BC V n° 297).
La loi ne fixe pas de condition de forme spécifique pour l’envoi du courrier de rétractation mais elle indique qu’il faut l’adresser par tout moyen attestant de sa date de réception par l’autre partie. Un courrier recommandé avec accusé de réception ou une lettre remise en main propre contre décharge sont donc conseillés, même si une cour d'appel a admis un e-mail à condition que celui qui se rétracte puisse prouver la date de réception du mail par l'autre partie (CA Bourges, ch. soc. 16 septembre 2011, n° 10-01735).
Effet sur le contrat de travail. - Tout comme lorsque l'employeur abandonne le projet de rupture conventionnelle au stade des négociations, l'usage de son droit de rétractation par l'employeur n'a aucun effet sur le contrat de travail. D'ailleurs, pendant tout le délai de rétractation, la relation de travail se poursuit normalement (circ. DGT 2009-4 du 17 mars 2009).
Courrier de rétractation
À … (lieu) , le … (date) (1)
M. … (civilité, éventuellement le prénom, nom),
Je vous informe que je ne souhaite plus procéder à une rupture conventionnelle.
Comme m'y autorise l'article L. 1237-13 du code du travail, j'ai pris la décision d'exercer mon droit de rétractation à compter de ce jour.
Par conséquent, la convention de rupture que nous avons signée le … est nulle et non avenue, et votre contrat de travail continue de se poursuivre dans les conditions habituelles.
Je vous prie d’agréer, M. …, l’expression de mes salutations distinguées.
(1) De préférence par LRAR ou lettre remise en main propre contre décharge