Initiative de l'employeur. - L’employeur peut prendre l'initiative de préciser la motivation du licenciement au salarié. Il doit alors le faire dans les 15 jours suivant la notification du licenciement (c. trav. art. R. 1232-13).
Lorsqu'il pense, après coup, que sa motivation est mal rédigée ou trop évasive, l'employeur a tout intérêt à saisir cette opportunité. En effet, en cas de litige, une insuffisance dans la motivation peut rendre le licenciement sans cause réelle et sérieuse avec les conséquences financières que cela implique.
Demande formulée par le salarié - Le salarié qui souhaite obtenir des précisions sur les motifs indiqués dans la lettre de licenciement peut en faire la demande à l’employeur dans les 15 jours suivant la notification du licenciement (c. trav. art. R. 1232-13 et R. 1233-2-2).
L’employeur a alors 15 jours à compter de la réception de la demande pour fournir des précisions. Si les textes ne lui imposent pas de répondre au salarié, en pratique, ce n’est pas forcément dans son intérêt s'il souhaite éviter que le salarié entame une procédure en justice (c. trav. art. R. 1232-13 et R. 1233-2-2).
Formalisme des courriers. - Dans les deux cas (initiative de l'employeur ou demande du salarié), les échanges se font par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) ou par lettre remise en main propre contre décharge (c. trav. art. R. 1232-13 et R. 1233-2-2).
On peut se demander si ces échanges pourraient prendre une autre forme (ex. : le mail). Le formalisme prévu par le code du travail serait-il considéré comme substantiel par les juges en cas de contentieux sur la précision du motif de licenciement ? Par analogie, pour la notification du licenciement, même si le code du travail prévoit qu’elle fasse l’objet d’un envoi par LRAR, les juges admettent que la LRAR n’est pas une formalité substantielle mais qu’elle permet de prévenir toute contestation sur la date de notification du licenciement (cass. soc. 16 juin 2009, n° 08-40722, BC V n° 149).
En matière de précision des motifs du licenciement, on pourra préférer s'en tenir à la LRAR (ou remise contre décharge) afin d’attester des dates d’envoi et de réception des courriers. Cela évite aussi tout contentieux sur le respect du formalisme.
Calcul des délais à respecter. - Le code du travail ne précise pas si les délais à respecter s'apprécient en jours calendaires ou en jours ouvrables. Dans ces circonstances, il est préférable de considérer qu'il s'agit de jours calendaires ce qui signifie que tous les jours de la semaine sont pris en compte, y compris les jours fériés et chômés. Si le délai expire un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant (c. trav. art. R. 1231-1). Si le délai démarre le lundi 3 juin 2019, il s'achève donc le lundi 17 juin.