Correction des écarts de rémunération entre les sexes
Employeurs concernés et entrée en vigueur. - La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel (loi à paraître, art. 104) pose un principe général suivant lequel tout employeur, quel que soit son effectif, doit prendre en compte un objectif de suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes (c. trav. art. L. 1142-7 nouveau). Et surtout elle impose aux entreprises d’au moins 50 salariés un dispositif de mesure des écarts de rémunération et, le cas échéant, de corrections des écarts constatés (c. trav. art. L. 1142-8 à L. 1142-10 nouveaux).
Ces dispositions entreront en vigueur au plus tard le 1er janvier 2020 pour les entreprises de 50 à 250 salariés et un an plus tôt pour celles de plus de 250 salariés (loi, art. 104-X).
Mesure des écarts de rémunération entre les sexes. - L’objectif de la loi est notamment de faire respecter la règle selon laquelle, chaque employeur doit assurer « pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes » (c. trav. art. L. 3221-2). Pour mieux s’assurer de son effectivité, toute entreprise d’au moins 50 salariés aura à publier chaque année des indicateurs relatifs aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et aux actions mises en œuvre pour les supprimer, selon des modalités et une méthodologie à définir par décret (c. trav. art. L. 1142-8 nouveau).
À noter
Les indicateurs, leurs modalités de calcul et leur pondération seront définis à l’issue de la mission confiée à Sylvie Leyre, DRH France de Schneider Electric.
Rattrapage salarial en cas de manquement. - Si les indicateurs chiffrés sont en deçà d'un niveau à fixer par décret, la négociation obligatoire sur l’égalité professionnelle devra aussi porter sur les mesures adéquates et pertinentes de correction et, le cas échéant, sur la programmation, annuelle ou pluriannuelle, de mesures financières de rattrapage salarial. À défaut d’accord, une décision de l’employeur déterminera ces mesures, après consultation du comité social et économique. Cette décision devra être déposée auprès de l'administration. L'autorité administrative pourra présenter des observations sur les mesures prévues par l'accord ou la décision (c. trav. art. L. 1142-9 nouveau).
L’objectif est de contraindre les entreprises en situation de manquement à prévoir une « enveloppe de rattrapage salarial ».
Délai pour se mettre en conformité. - Dans les entreprises où le principe d’égalité salariale entre les sexes n’est pas respecté au regard des indicateurs prévus par décret, l’employeur aura 3 ans pour se mettre en conformité (c. trav. art. L. 1142-10 nouveau).
Risque de pénalité financière. - Passé le délai de mise en conformité, si les indicateurs se situent en deçà d'un niveau défini par décret, l’employeur pourra se voir appliquer une pénalité financière (c. trav. art. L. 1142-10 nouveau).
Son montant, fixé par l’autorité administrative, pourra aller jusqu’à 1 % des rémunérations versées au cours de l’année civile précédant l’expiration du délai.
En fonction des efforts constatés dans l’entreprise en matière d’égalité salariale ainsi que des motifs de la défaillance constatée, un délai supplémentaire d’un an pourra néanmoins être accordé pour se mettre en conformité, avant d’infliger la pénalité.
Autre pénalité encourue. - À l’heure où nous rédigeons ces lignes, les entreprises d’au moins 50 salariés qui n’ont pas conclu d’accord ou de plan d’action relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes encourent une pénalité d’un montant maximum identique à la pénalité précédemment évoquée (c. trav. art. L. 2242-8).
Cette pénalité pourra également être encourue lorsque l’entreprise n’aura pas :
-publié les indicateurs relatifs aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et aux actions mises en œuvre pour les supprimer (voir ci-avant) ;
-programmé des mesures financières de rattrapage salarial en présence d’inégalités constatées (voir ci-avant).